La renaissance de Verrerie de Masnières

Désor­mais spé­cia­li­sé dans le verre haut de gamme pour la par­fu­me­rie, le site de Mas­nières met le desi­gn au cœur de sa stra­té­gie de com­pé­ti­ti­vi­té.

Direc­tion les Hauts-de-France, à Mas­nières près de Cam­brai, où la ver­re­rie du même nom fête­ra ses 200 ans en 2018. Le nou­veau pro­prié­taire depuis quatre ans, l’Au­tri­chien Stölzle (300 mil­lions d’eu­ros de chiffre d’af­faires et sixième ver­rier mon­dial), est déci­dé à en refaire un acteur qui compte dans la fabri­ca­tion de fla­cons de par­fums. L’ac­ti­vi­té est déjà repar­tie avec des réa­li­sa­tions pour Pure XS de Paco Rabanne ou Made­moi­selle Rochas cette année, et un deuxième four doit être allu­mé si le mar­ché décolle.

Le fla­con du nou­veau par­fum de Rochas est réa­li­sé à Mas­nières.

Au cœur de la stra­té­gie de relance, l’in­ves­tis­se­ment dans les lignes de pro­duc­tion, les moules, la R&D (14 mil­lions d’eu­ros injec­tés depuis 2014) et aus­si le desi­gn. « Nous fai­sons du desi­gn to cost, explique le direc­teur géné­ral Étienne Gruyez, ancien d’Arc Inter­na­tio­nal, c’est-à-dire que lorsque les clients nous confient leurs esquisses, nous tra­vaillons avec eux pour adap­ter le pro­jet en termes de volumes et de coûts. » Par exemple pour le par­fum Dirk Bik­kem­bergs en forme de bal­lon de foot­ball, le fabri­cant a recom­man­dé une modi­fi­ca­tion de la forme pour assu­rer une meilleure sta­bi­li­té.
Toutes les maquettes sont faites en interne, sous la direc­tion du desi­gner mai­son Thier­ry Lefebvre, dans l’en­tre­prise depuis 26 ans. L’in­ves­tis­se­ment dans l’ou­til de pro­duc­tion per­met de fabri­quer des for­mats dif­fé­rents sur une même chaîne, et l’u­sine com­prend aus­si un ate­lier de décor, spé­cia­li­sé dans le laquage et la séri­gra­phie sur de petites quan­ti­tés, pour répondre aux demandes de per­son­na­li­sa­tion. « Le seul moyen de gar­der une indus­trie en France est d’être rapide et réac­tif, car la concur­rence ne nous attend pas », assure Étienne Gruyez.
Un renou­veau après avoir frô­lé la catas­trophe : son pré­cé­dent action­naire, l’i­ta­lien Bor­mio­li Roc­co l’a­vait lais­sée à l’a­ban­don, l’ayant rache­tée dans le seul but de récu­pé­rer son car­net de com­mandes dans l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. Renom­mée Stoelzle Mas­nières Par­fu­me­rie SAS,  la ver­re­rie a été recen­trée sur un seul domaine, la par­fu­me­rie de luxe, pour faire valoir au mieux ses com­pé­tences. Pas­cale Caus­sat

Cet article paru dans le Desi­gn fax n°1036 du 11  sep­tembre 2017 vous est gra­cieu­se­ment offert. Vous pou­vez vous abon­ner ici.