Masayoshi

Pour sa pre­mière édi­tion, Admi­rable Edi­tion, fait de sa rubrique  » Inter­view  » un point de ren­contre entre l’art et le design.

Masayo­hi artiste- peintre conjugue la moder­ni­té et la plus ancienne des tra­di­tions. A visi­ter dans « galerie ».

LE DESIGN DE FICELLES

AD : quel est votre rap­port avec le design ?

M : J’ai débu­té ma car­rière à Tokyo en des­si­nant quelques packagings…vite oubliés ! Der­niè­re­ment j’ai ima­gi­né le logo du site Fugoa (www.fugoa.com) par ami­tié, site pour lequel j’ai aus­si créé une sculp­ture ori­gi­nale en papier :  » le puits aux par­fums « . Mais c’est un desi­gner, Michel Pino­sa qui a fina­li­sé le logo ! Je suis plus à l’aise dans l’art…

En tant que Japo­nais, j’ai un rap­port pri­vi­lé­gié avec le desi­gn en par­ti­cu­lier avec celui des pro­duits de nou­velles technologies.

AD : le papier et les ficelles sont les maté­riaux que vous uti­li­sez pour vos sculp­tures. N’est-ce pas aus­si un lien avec le packaging ?

M : j’ai vou­lu uti­li­sé le maté­riaux tra­di­tion­nel de mon pays, le Japon, pour créer des œuvres modernes qui rendent hom­mage à notre civi­li­sa­tion fon­da­trice du Japon et pour­tant ban­nie : celle des Jômons. Enfin, je n’ou­blie pas que le Japon est le pays de l’emballage traditionnel…

AD : en regar­dant vos œuvres ont croit recon­naître des influences afri­caines, poly­né­siennes voire, de l’île de Pâques !

M : Les Jômons sont igno­rés au Japon, parce qu’il sont les pre­miers occu­pants de l’ar­chi­pel, de 12 000ans avant JC jus­qu’à 2000 ans avant JC . Un séjour de près de 10 000années ! Ils venaient de Corée, de Chine, de Mon­go­lie et ont émi­gré vers la Polynésie…Cela va contre le mythe fon­da­teur qui veut que les habi­tants du Japon viennent des dieux et que ceux-ci ont élu une dynas­tie impé­riale pour les repré­sen­tés. Un empe­reur élu pour un peuple élu, en quelque sorte. Aujourd’­hui des cher­cheurs découvrent les traces de cette civi­li­sa­tion puis­sante. Je suis leur recherche au jour le jour et j’in­ter­prète à ma façon l’es­prit des Jômons qui est en fait l’es­prit com­mun à toutes les civi­li­sa­tions pri­mi­tives. D’où les simi­li­tudes avec les autres arts pre­miers. C’est fascinant !

AD : on ignore cela, c’est incroyable…

M : ce qui est incroyable éga­le­ment c’est que en carac­tère japo­nais, Jômon signi­fie  » desi­gn  » pour  » mon  » et  » ficelle  » pour  » jô « . C’est à dire la civi­li­sa­tion du desi­gn de ficelle, parce qu’ils uti­li­saient les ficelle et les cordes pour fabri­quer leurs poteries !