Grande distrib et… petites innovations !

La grande dis­tri­bu­tion ne fait plus rêver ? Nor­mal, elle n’in­nove plus ! Elle res­sasse les recettes sans imagination.

Les clients s’en détournent, qui peut s’en étonner ?

Pas Hubert de Mal­herbe (agence Mal­herbe), spé­cia­liste du retail desi­gn, qui met les pieds dans le plat !

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Façade moderne du Leclerc de Bellaing.

Les femmes font leurs courses comme leurs mères ; voi­là tout le problème
d’une grande dis­tri­bu­tion géné­ra­liste ali­men­taire qui depuis le modèle
inven­té dans les années 70 par Car­re­four et/ou Leclerc a fina­le­ment peu
évolué.

Or depuis, le monde du com­merce a for­te­ment évo­lué dans de nom­breux autres
secteurs. 

Nous avons vu la révo­lu­tion du tex­tile impo­sée par H&M, Zara et
plus récem­ment Pri­mark et Uni­q­lo. Nous avons vu gran­dir Decath­lon, Starbucks
Cof­fee, Ikea, Sepho­ra et Apple avec ses Apple Store dont la puissance
com­mer­ciale et la dési­ra­bi­li­té menacent ses concur­rents traditionnels.

Même le modèle ³Grand Frais² n¹a pas été inven­té par les grands
distributeurs.

Mono­prix en marge de ses com­pé­ti­teurs de mass-mar­ket ali­men­taire est un
modèle recon­nu mon­dia­le­ment, un modèle de moder­ni­té, de renou­vel­le­ment, de
sin­gu­la­ri­té et de professionnalisme.

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Natu­reo Culture, le plus grand super­mar­ché Bio de
France.

Nous savons que la grande dis­tri­bu­tion ne sait plus aujourd¹­hui s¹exprimer
dans un monde qui a chan­gé et qui attend de nou­veaux signes plus hédonistes,
plus esthé­tiques, plus désirables.

Téta­ni­sée par des per­for­mances moyennes, cette grande dis­tri­bu­tion va devoir
remettre à plat sa com­mu­ni­ca­tion, son offre mais sur­tout reprendre un
lea­der­ship qu¹elle a per­du en terme d¹image.

Pre­nons un exemple récent : les grandes opé­ra­tions ³an­ni­ver­sai­re² lan­cées par
plu­sieurs dis­tri­bu­teurs dont Inter­mar­ché (les 40 ans), la vio­lence du
mes­sage, le poids des inves­tis­se­ments expliquent faci­le­ment les résultats
moyens. 

Le thème de l¹an­ni­ver­saire est dépas­sé ; c’est un mar­ron­nier. Il
existe
depuis tou­jours et n¹ar­rive plus à cacher un oppor­tu­nisme com­mer­cial, ce
mes­sage n¹est ni sin­gu­lier, ni dési­rable ; nous sommes bien loin de la grande
époque des 35 ans de Car­re­four. Opé­ra­tion hyper spec­ta­cu­laire basée sur la
pénu­rie, c¹é­tait il y a 15 ans. 

Dis­pa­rue aus­si l’o­pé­ra­tion Fes­ti­ma­jic de
Car­re­four, ancien témoin spec­ta­cu­laire de la dif­fé­rence Car­re­four et du bon
temps à pas­ser en magasin…

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Natu­reo, la façade

Je vous pro­pose de nous inté­res­ser à la grande ques­tion de la planète
par­ti­cu­liè­re­ment à la mode. Il s¹a­git d¹en­vi­ron­ne­ment, de développement
durable, d¹é­co­lo­gie, de com­merce équi­table et de san­té publique.
Nous voyons appa­raître des réa­li­sa­tions concrètes de ces ten­dances dans de
nom­breux métiers : res­tau­ra­tion, auto­mo­bile, archi­tec­ture, construction,
hôtel­le­rie, voyageŠ

On pour­rait s’é­ton­ner de voir que le pay­sage de la dis­tri­bu­tion alimentaire
de masse n’ait vu appa­raître le pre­mier maga­sin, le tout pre­mier supermarché
de pro­duits BIO qu’à la fin de l’an­née 2007.

Un comble, les créa­teurs de cette chaîne bap­ti­sée Natu­réo sont des associés
indé­pen­dants qui déve­lop­pe­ment 12.500 réfé­rences en 8 mois depuis leur
domi­cile sans l’aide ni la pré­sence capi­ta­lis­tique d’un grand distributeur.
Ce sont donc d’autres acteurs qui écrivent une nou­velle page de l¹his­toire de
la distribution.

De la même manière, Il y a un for­mat de maga­sin cer­tai­ne­ment très performant
qui n’a encore jamais vu le jour : Pour­quoi notre grande dis­tri­bu­tion, voire
celle des pays voi­sins, comme Tes­co ‚en Angle­terre n’ont-ils pas inven­té le
prin­cipe du BIO-DISCOUNT ?

Ce maga­sin qui n existe pas aujourd’­hui serait à la conver­gence des 3 plus
grands fac­teurs de crois­sance du com­merce moderne :

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Allée Bio de l’In­ter­mar­ché de Bernay

LA PROXIMITE : car les for­mats dis­count sont des petits for­mats où l’on se
rend à pied pour une sur­face infé­rieure à 1000 m², bien-sûr, pour ouvrir sans
auto­ri­sa­tion, loi LME oblige.

Des pro­duits BIO c’est-à-dire des pro­duits bons pour moi et pour ma
planète.

et pour finir des pro­duits DISCOUNT : c’est-à-dire pas chers, la cherté
étant le seul frein
à l’a­chat des pro­duits BIO.

Inutile de vous dire que les pers­pec­tives de busi­ness et de développement
d’un tel for­mat de maga­sin sont impor­tantes pour celui qui a une forte
puis­sance d’a­chat pour faire bais­ser le prix des pro­duits BIO.

Mais il me semble que la grande dis­tri­bu­tion a d¹autres pré­oc­cu­pa­tions. En
effet à l¹heure où j¹é­cris ce texte le nom BIO-DISCOUNT n¹est même pas déposé
dans les classes du com­merce (classes 35, 41 et 42)… c’est main­te­nant chose
faite.