ABC de la beauté : d’où vient le charme ?

Le desi­gn, la beau­té, les bijoux, les boucles d’o­reilles, les asy­mé­tries du visage… Le pro­fes­seur Fores­tier ne cesse de nous réga­ler avec ses tri­bunes en forme de dia­logues :
– Bon­jour Euphro­sine
– Bon­jour pro­fes­seur…
Et sur le ton de la légè­re­té et de l’hu­mour nous voi­ci embar­qués pour une leçon de desi­gn du corps aujourd’­hui à tra­vers une pub Van Clef.
Le pro­chaine article trai­te­ra de l’Homme… Aïe… Chut ! Écou­tons le pro­fes­seur…
– Bon­jour Euphro­sine.
– Bon­jour Pro­fes­seur.
– Qu’as-tu pen­sé de la publi­ci­té pour So First ?
– Les pen­dants d’oreilles sont un évident rap­pel du luxe des bijoux des Van Cleef & Arpels.
– Très bien, Euphro­sine, et en se met­tant en par­fum avec So First, la dame se pro­jet­te­ra au niveau social du luxe des bijoux du glo­rieux joaillier.
– J’oserai dire, Pro­fes­seur, comme le fait la petite fille qui avec Bar­bie se pro­jette en femme adulte et libre !
– La Beau­té est sou­vent une pro­jec­tion …. Je suis fier de la pers­pi­ca­ci­té de mon élève !
– C’est que j’ai un bon pro­fes­seur ! Et pen­dantes, et voyantes, les boucles d’oreilles indiquent aus­si que ce par­fum est des­ti­né à une femme d’âge mûr.
– Je dirais plus élé­gam­ment, Euphro­sine, qu’il est des­ti­né à une fémi­ni­té affir­mée.
– Et sa mise en par­fum la pro­jet­te­ra au niveau du luxe ins­pi­ré !
– Voi­ci un échan­tillon de So First qu’une ven­deuse de Sepho­ra m’a aima­ble­ment offert. Qu’en penses-tu, Euphro­sine ?
– Hum ! Agréable, frais, oui, pour un par­fum d’été. J’ajouterais qu’il ne manque pas de charme, même si je ne retrouve pas l’harmonie avec la haute joaille­rie.
– Du charme, c’est vrai.
– Regar­dez Pro­fes­seur, j’ai trou­vé les asy­mé­tries des­ti­nées à être gom­mées par les pen­dants d’oreilles.
– Décris-les-moi, Euphro­sine ?
– Le joli modèle qui est pho­to­gra­phié pour So First à son sour­cil droit légè­re­ment rele­vé, plus que ne le confé­re­rait la petite incli­nai­son de sa tête, bien visible par la dif­fé­rence de niveau des pen­dants d’oreilles.
– Je te féli­cite pour la finesse de ton obser­va­tion, Euphro­sine. L’observation est la pre­mière qua­li­té de tous ceux qui font de la beau­té leur métier. Ne vois-tu rien d’autre ?
– Une petite asy­mé­trie à la nais­sance de la che­ve­lure.
– Oui, très bien, et qui est du même côté que les autres. Nous pour­rions tra­cer une sorte d’arc joi­gnant toutes ces petites asy­mé­tries, un arc par­tant du men­ton pas­sant par la com­mis­sure de la lèvre, l’œil, le sour­cil jusqu’à cet éclai­re­ment de la che­ve­lure.
– Si ce visage était un objet, je dirais que cet arc lui don­ne­rait une sorte de relief. Ne sommes-nous en plein dans le desi­gn Pro­fes­seur ? Dans l’Admirable Desi­gn de Gérard Caron ?
– Assu­ré­ment, Euphro­sine !
– Mais toutes ces asy­mé­tries ne sont-elles pas en contra­dic­tion avec le pre­mier cri­tère de la Beau­té : la symé­trie ?
– Elles font entrer dans une autre dimen­sion, Euphro­sine. Avec cet ensemble de petites asy­mé­tries, « petit » est le qua­li­fi­ca­tif que nous retrou­ve­rons sou­vent dans les para­mètres ulté­rieurs de la Beau­té, avec ces petites asy­mé­tries, disais-je, nous allons au delà de la beau­té, avec ce relief, nous attei­gnons le charme.
– Le charme asso­cié au par­fum So First !
– En har­mo­nie avec le charme du visage de la publi­ci­té.
– Mais quel rôle jouent alors les pen­dants d’oreilles, Pro­fes­seur ?
– Ima­gine que tu gommes un des­sin impar­fait mais sans le gom­mer tota­le­ment, voi­là ce que font les pen­dants d’oreilles.
– Les asy­mé­tries deviennent floues.
– Petites, bien répar­ties et floues, ces asy­mé­tries dimen­sionnent le charme à ce visage.