Signal faible 1 : Brexit Un référendum c’est…

« Whats next ? » c’est la ques­tion que ne cesse de se poser « notre » pros­pec­ti­viste d’en­tre­prises Phi­lippe Cahen. Après quelques jours après le Brexit, le monde a‑t-il chan­gé ? Quelles leçons tirer… du futur ? What’s next, Phi­lippe ?

admirable_design_futur-4.jpgSignal faible 1 : Brexit
Un réfé­ren­dum c’est tou­jours une bonne réponse à la ques­tion non posée : avez-vous mesu­ré les consé­quences du Brexit pour pou­voir répondre leave ou remain ? Dans les heures qui ont sui­vi le vote, Nigel Farage et Boris John­son admet­taient qu’ils igno­raient les consé­quences et avaient men­ti. Le tra­vailliste anglais Jere­my Cor­byn vive­ment contes­té dans son par­ti est au bord de la démis­sion. L’Ecosse veut son indé­pen­dance et l’Irlande du Nord veut se rat­ta­cher à l’Irlande du Sud. Bref, un Royaume-Dés­uni. Com­ment recu­ler sur un vote démo­cra­tique ?
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Signal faible 2 : Notre-Dame-des-Landes, loi emploi
Voi­la un autre réfé­ren­dum contes­té. Le dépar­te­ment a voté, cela aurait pu être la région. Mais laquelle ou les­quelles. Et de toute façon les oppo­sants se fichent du réfé­ren­dum. Ils sont contre l’aéroport. La rue est puis­sante en France. La loi tra­vail qui aurait dû s’appeler loi emploi est contes­tée par la rue, la CGT et FO, la vio­lence. Il faut voir le bd du Mont­par­nasse sur 800m avec 1/3 des vitrines cas­sées, des pierres de pare­ment arra­chées pour deve­nir des pro­jec­tiles. L’Etat recule et la loi est déna­tu­rée. Mais le compte péni­bi­li­té sera appli­qué dans sa deuxième phase car les chefs d’entreprises sont moins nom­breux et moins vio­lents. La démo­cra­tie par la rue. Par les réseaux. Le 17 juin 40, la rue, les réseaux, n’auraient pas voté ‘oui’ à un appel du 18 juin.

Signal faible 3 : les médias fran­çais en déroute en Ita­lie et Espagne
En Ita­lie, le Mou­ve­ment 5 Etoiles a la sym­pa­thie des médias fran­çais : Vir­gi­nia Rag­gi, 37 ans, 67 % des suf­frages est élue maire de Rome. Elle n’a ni équipe, ni pro­gramme. Son par­ti siège au Par­le­ment euro­péen avec le xéno­phobe et anti-euro­péen Nigel Farage de UKip. Ça, ce n’est pas dit. En Espagne, l’autre par­ti aimé des médias fran­çais, Pode­mos, s’effondre en s’alliant avec les néo-com­mu­nistes. L’idéal de l’anti-austérité convainc fina­le­ment peu. Deux signaux faibles : 1. Les médias font l’opinion, pas la démo­cra­tie. 2. A l’époque des médias sociaux, la démo­cra­tie doit être réin­ven­tée.
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Signal faible 4 : rafrai­chis­sante Islande
Hor­mis le second Brexit en deux jours avec l’Angleterre éli­mi­née de l’Euro2016 par la modeste Islande, ce pays élit un pur uni­ver­si­taire comme pré­sident de la Répu­blique. Il bat une femme d’affaires. Au-delà de cela, le pre­mier ministre avait été pous­sé à la démis­sion en avril par le scan­dale des Pana­ma Papers. La crise de 2008 avait été l’occasion d’une forme de démo­cra­tie directe. Il faut dire que l’ile compte 330.000 habi­tants. Sa démo­cra­tie inter­pelle. Com­ment l’adapter- à d’autres pays.

Signal faible 5 : fina­le­ment, c’est quoi la classe moyenne ?
Fina­le­ment, la démo­cra­tie c’est l’expression de la classe moyenne, cen­sée être lar­ge­ment majo­ri­taire dans les démo­cra­ties. Toutes ces élec­tions ou réfé­ren­dums (sauf l’Islande) sont des votes de peur : peur de l’étranger, peur de perdre ses avan­tages, peur des muta­tions du monde. Ces peurs sont légi­times et ont tou­jours exis­té. Ces peurs sur­passent le chô­mage (qua­si inexis­tant en UK), l’état de l’éducation (cala­mi­teux en France), le ter­ro­risme (Ita­lie et Espagne peu tou­chés). C’est l’absence de vision, de pro­jet qui laisse murir les peurs. Les diri­geants, les poli­tiques, les syn­di­ca­listes, se laissent dépas­ser par la répa­ra­tion du pas­sé, la pres­sion du pré­sent et ne prennent pas le temps d’imaginer le futur. Le sport fait rêver. Pas les diri­geants. Les tota­li­ta­rismes naissent de l’absence de vision des démo­crates.

Signal faible 6 : l’entreprise, ultime vision
En France, la cam­pagne pré­si­den­tielle de 2017 a démar­ré sur une absence totale de vision. Comme depuis une tren­taine d’années. Il s’agit de « redres­ser les comptes », « faire bais­ser le chô­mage ». Lorsque Danone achète Whi­te­Wave, c’est chan­ger le modèles agri­cole à 20 ou 30 ans. Lorsque la voi­ture auto­nome est l’objectif des construc­teurs, c’est chan­ger les rues de nos villes à 20 ou 30 ans. Dans quelques années, WeChat aura ache­té Google, pas Alpha­bet. 2037, 2047, sont absents des poli­tiques, des syn­di­ca­listes. Une entre­prise ne réus­sit que si elle a une vision. Vous les can­di­dats à la pré­si­den­tielles, com­ment voyez vous la France en 2037/2047 ? Ne répon­dez pas tous à la fois.