Saguez : au sujet de Raymond Loewy…

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Olivi­er Saguez nous a con­fié un texte rédigé dans un avion sur notre père à tous : Ray­mond Loewy, inven­teur du design indus­triel voire, du design tout court. Intéres­sant de voir l’opin­ion d’un cham­pi­on du design actuel sur le grand nom du pio­nnier du design uni­versel. Où l’on voit que décidé­ment il reste d’ac­tu­al­ité. Petit cours de rat­tra­page…

Ray­mond Loewy a inven­té la notion d’esthé­tique indus­trielle, c’est-à-dire “met­tre du beau dans l’u­tile” ; reli­er l’art et l’in­dus­trie. À l’in­star de la pub­lic­ité aux États-Unis, il a com­pris que le tra­vail réclame de la pro­fondeur et donc néces­site un tra­vail d’équipe ; il a le pre­mier créé des véri­ta­bles agences aux États Unis mais aus­si en France (il a su créer des véri­ta­bles équipes , une forme d’é­cole Loewy).

Design glob­al

  • Il a pre­mier com­pris l’im­por­tance de tra­vailler une mar­que et ses pro­duits en glob­al, on peut même dire que c’est l’in­ven­teur du “design glob­al”
  • Il avait mon­té dans ses agences trois départe­ments : design d’i­den­tité graphique, design pro­duit et design archi­tec­ture
  • Il a été le le seul à tra­vailler sur des mar­ques en design glob­al en faisant tra­vailler ensem­ble ses trois départe­ments (Shell, De Diet­rich, Con­corde, Coca Cola, Coop, Total, etc.).

Un homme d’équipe
Revenons sur cette notion d’équipe car Loewy n’é­tait pas (comme seront Ora Ito ou Star­ck) un homme seul. Un génie sans doute, mais pas seul… Même si lui ou sa famille ont voulu mon­tr­er qu’il l’était. Loewy était aus­si un for­mi­da­ble vendeur, vendeur de lui même et aus­si un met­teur en scène de lui-même ou de ses idées, tou­jours influ­encé par le milieu de la pub­lic­ité améri­caine.

La laideur se vend mal…
Il a écrit chez Gal­li­mard (tout de même) La laideur se vend mal, un titre génial qui sonne comme un slo­gan. C’est l’essen­tiel car le bouquin ne vaut pas grand chose ! Il savait met­tre en scène ses idées comme pour Con­corde où il s’est habil­lé en cos­mo­naute le jour de la présen­ta­tion (cela aurait pu être ridicule à son âge et en plein mois de juil­let ) mais il démon­tra ain­si que pour lui il ne s’agis­sait pas d’avion mais de l’e­space ! Il avait pré­con­isé le “diplôme du fran­chisse­ment du mur du son” et de l’af­fichage du Mach 1 dans le Con­corde… tou­jours l’e­space !

Son héritage
D’abord dans le design glob­al, ce qui est un héritage énorme : pour beau­coup d’en­tre­pris­es il s’ag­it aujour­d’hui encore de définir une cohérence dans son design. Il par­lait lui de “ligne” et moi je dirais de “fil rouge”. Ray­mond Loewy est aus­si très actuel dans son style ou plutôt avec sa recherche d’une esthé­tique épurée, sobre, élé­gante, tou­jours avec une idée forte ; dis­ons une esthé­tique intem­porelle. Quels sont les pro­duits, les graphismes qui ont résisté autant au temps ?
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Le design créa­teur de valeur
C’est le pre­mier égale­ment à avoir com­pris, que le design était un créa­teur de valeur. “L’esthé­tique aide à dif­férenci­er un pro­duit une mar­que, mais aus­si à faire ven­dre” ; à l’heure de l’é­colo­gie et de la lutte con­tre la pol­lu­tion visuelle ou de l’u­ni­for­mité du design, sa phrase résonne encore à nos oreilles… Oui, il est bien le pre­mier a mon­tr­er l’u­til­ité du design et a oser par­ler de sa valeur ! Loewy, un vrai vendeur, aus­si bien de sa per­son­ne que du design !