Les clés du regard

Le pro­fes­seur Fores­tier, bio­phy­si­cien, conti­nue à révé­ler aux desi­gners les secrets des visuels réus­sis. Quand il s’agit d’utiliser un modèle mas­cu­lin ou fémi­nin, tout est dans le regard a‑t-on l’habitude de dire. Et si c’était vrai ? Jetons un regard plus poin­tu sur cela…

Les clés du regard…

- Bon­jour Pro­fes­seur.
– Bon­jour Euphro­sine.
– Vous m’avez expli­qué à quoi sert le charme. Ne pen­sez-vous pas, Pro­fes­seur, qu’il serait temps de me dire à quoi sert la beau­té ?
– De la beau­té de la femme ?
– Par exemple !
– Si je te disais : à la repro­duc­tion sexuée, tu m’opposerais que c’est un rac­cour­ci hâtif. N’est-ce pas Euphro­sine ?

- Oui, et s’il fal­lait être top-model pour trou­ver l’amour, ça se sau­rait !
– … ?
– C’est le titre d’un article de Maïa Mazau­rette dans le Jour­nal des femmes.
– Et j’imagine que ce ne sont pas les plus belles qui arrivent le mieux à leurs fins… Et quelle était la conclu­sion ?
– La confiance en soi et le sou­rire sont des codes de séduc­tion !
– Je suis tout à fait d’accord avec Maï… Ma…, avec cette jour­na­liste. Mais vois-tu Euphro­sine, je croyais que toutes les femmes por­taient en elles, par intui­tion, cette connais­sance de leur pou­voir.

- Les femmes, Pro­fes­seur, ont tou­jours besoin d’être ras­su­rées. Maïa Mazau­rette parle d’étincelle dans le regard.
– Oui, tota­le­ment oui, pour le regard. George Sand était petite et pas par­ti­cu­liè­re­ment belle, mais son pou­voir séduc­teur était dans son regard.

- Dans Nar­cisse et Gold­mund, c’est des yeux que pen­dant le repas la pay­sanne prend pos­ses­sion du beau Gold­mund aux blondes boucles.
– Sans un mot !
– Si un seul : pour lui indi­quer à la fin du repas le lieu de ren­dez-vous. Le regard prime sur le lan­gage.
Je pour­rais mul­ti­plier les exemples. Oui aus­si pour l’étincelle, si elle évoque l’étincelant, mais non pour la briè­ve­té.
Soixante-dix mil­li­se­condes suf­fisent au cer­veau pour savoir si un visage, même flou, exprime la peur ou la joie et en tirer les conclu­sions néces­saires. Un tiers de seconde suf­fit pour savoir si cette per­sonne est connue ou pas. Croi­ser un regard en pro­lon­geant ce temps de seule­ment une seconde affirme déjà une volon­té, par exemple de séduc­tion.
– Regard appuyé auquel il est pos­sible d’ajouter cette incli­nai­son de la tête, celle de la petite fille qui se love dans le creux du cou de son père ! Regard appuyé et demande de pro­tec­tion ! Je ne vois effec­ti­ve­ment pas encore de beau­té dans tout cela.

- Cette étin­celle dans le regard pour­ra être rehaus­sée par une mise en beau­té des yeux.
– Rehaus­sée par du maquill… Euh, par des fards ? Jusqu’où, Pro­fes­seur ?
– Il n’y a pas de règles. D’abord, il faut qu’avec sa mise en beau­té la femme se sente en confiance, et fémi­nine.
– … !

- Ensuite, elle la rehausse un peu, juste par un peu plus de fard, par un trait d’eye-liner un peu plus pro­lon­gé…. Tous ces « un peu plus » doivent per­mettre à la femme de se sen­ti un peu plus forte, et un peu plus fémi­nine.
– Un peu plus séduc­trice !
– Cer­tai­ne­ment ! Tu peux en voir, Euphro­sine, ici un exemple avec Kris­ten Ste­wart. Et je n’ai pas pu résis­ter au plai­sir de te mon­trer un autre regard pho­to­gra­phié par le même Mario Tes­ti­no.