Le mercenaire
- Zut ma chérie, je dois partir d’urgence aujourd’hui.
- Quoi, avec tout le boulot qu’il y a à l’agence.
- Sorry, c’est un appel au secours, je prends l’avion de 10h30. New York vient d’appeler. Un client dans la merde. Il lui faut un spécialiste. Un vrai.
- C’est pour qui, tu pars où, tu reviens quand, mon amour ?
- Une multinationale. En Irlande. Jusqu’à samedi sans doute.
- L’Irlande !!! Mais c’est dangereux la-bas. C’est pas plutôt un job pour Peter ça ?
- Non ils veulent du sérieux avec au moins un gramme de sens commercial. C’est encore pour ma pomme.
T’en fais pas. Je sais y faire. S’il m’arrive quelque chose, préviens immédiatement Béatrice. Mais toi, sois prudente, ferme bien la porte de l’appartement le soir. N’ouvre à personne. J’ai laissé de l’argent dans le congélateur et la clef du coffre est scotchée dans le couvercle de la poubelle. Ne dis pas à ma mère que je suis là-bas. Pense à son coeur.
- Mais je suis pas d’accord, c’est une mission risquée, pour ta santé comme pour ta carrière. Ils ont facile à New York, chaque fois qu’il y a du risque, c’est pour toi. Et Elie dans tout ça.
- Oh Elie, il est sympa, mais il supporte pas la Guinness et de plus, le samedi, il veut pas travailler.
- Alors, rien à faire, y’a pas d’autres issues ? T’es bon a y aller ?
- Oui. Mais sois sans crainte, comme toujours depuis trente ans, je serai ton héros.
- Mais c’est quoi au juste cette mission. Y’a pas une femme au moins là dessous ?
- Non, j’e dis que çà viens de New York. C’est boulot-boulot. Juré, craché.
- Que de mystère, c’est top- secret ou quoi ?
- C’est une mission très délicate. Mais pour moi, ce sera les doigts dans le nez.
- Alors accouche. Je sais me taire, tu le sais bien.
- Bon, mais motus hein ! C’est pour Kellogg’s. Un flash promotionnel sur le nouveau Spécial K. En trois langues !
- Je t’aime Alain ! |