Article publié le 16 février 2003 dans Packaging AddThis Social Bookmark Button

Les emballages malades de la peste

Philippe Provost est un spécialiste des aspects techniques de l’emballage. Il a donc l’habitude de rendre faisables les créations des designers... au meilleur coût et de dialoguer avec les responsables de la fabrication. Pour son premier article à Admirable Design il nous offre ses réflexions sur la packaging et la pollution ...sous forme d’une fable !
Chapeau l’artiste !

Les emballages malades de la peste.

Un mal qui répand la terreur,
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La pollution (puisqu’il faut la nommer par son nom)
Faisait à tous les hommes la guerre.
Il ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés,
A chercher ce qui améliorerait la vie ;
Rien n’excitait plus leur envie ;
Dans chaque champ ils épiaient
Ce qui ferait d’eux une proie.
Le passé heureux s’enfuyait :
Plus d’espoir partant plus de joie.
Bruxelles tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le ciel à permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements ;
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Les fabricants d’énergie, de l’air délicieux
Reconnurent dévorer les cieux,
Qui a le droit d’une telle offense ?
Même il nous est arrivé parfois d’infester les forêts
Nous nous dévouerons donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que nous :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
Seigneurs, dirent extracteurs de métaux et cailloux,
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et le gaz carbonique ne menace pas l’espèce,
Est-ce un péché ? Non non. Vous leur fîtes Seigneur
En les réchauffant trop d’honneur
Et quant aux forêts l’on peut dire
Qu’elles souffraient déjà d’autres maux,
Etant de ces espaces que bien des animaux
Ravagent comme étant leur empire.
Ainsi dit l’extracteur et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Des paysans, pétroliers et les autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous ces gens pollueurs, jusqu’au simple cracheur,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.

Les emballeurs à leur tour dirent : j’ai souvenance
D’user du fioul pour deux pour cent
J’use aussi verre, carton et métaux, et je pense
Quelque diable aussi me poussant
Je rempli les décharges aussi de quelques pour cent.
Je n’en avais nul droit puisqu’il faut parler sage.
A ces mots on cria haro sur l’emballage.
Un énarque écolo prouva en discourant
Qu’il fallait dévouer l’affreux conditionnement
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tous le mal.
Sa peccadille fut jugé un cas pendable.
Polluer des champs dédiés ! quel crime abominable !
Seules quarante lois sont capables
D’encadrer ce forfait : on le lui fit bien voir
Selon que vous serez puissants ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Philippe Provost,
d’après Jean de la Fontaine :
Les animaux malades de la peste.

Plus d’infos sur l’activité de : Jean-Provost

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Auteur de L'article

Philippe Provost

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