Apprendre le Japon

Admi­rable Desi­gn a sélec­tion­né sur la grande toile cet admi­rable docu­ment sur le Japon écrit par Patri­cia Micha­lusz­ko, Cyril Morin, Oli­vier Pra­char, David Rigel et Vincent Wit­tem­berg et réa­li­sé par Laurent Cristol.

Pas­sion­nant !

Aper­çu de l’his­toire, géo­gra­phie, cli­mat, les villes, la langue, le régime poli­tique, com­merce et agri­cul­ture, les prin­ci­paux sec­teurs indus­triels, la nourriture.

A cause du nombre de pages (mais tout y est !) impri­mez-le et lisez tran­quille­ment… Vous appren­drez beau­coup… comme nous ! 

APERCU DE L’HISTOIRE JAPONAISE

En Asie, le Japon est tou­jours appa­ru comme un pays à part. On a pu, du fait de sa situa­tion en bor­dure du conti­nent asia­tique, com­pa­rer son his­toire à celle du Royaume-Uni. Mais des dif­fé­rences fon­da­men­tales existent entre ces deux ter­ri­toires situés à l’é­cart des conti­nents. Les ori­gines de la popu­la­tion japo­naise sont diverses : mon­goles, coréennes, malaises et polynésiennes. 

Par ailleurs, les Aénus, issus de Sibé­rie, se sont ins­tal­lés dans le Nord du pays. Le Japon est res­té iso­lé jus­qu’au Vème siècle de notre ère, mais son déve­lop­pe­ment cultu­rel a débu­té bien avant. On a retrou­vé sur place des outils de pierre vieux de 10 000 à 30 000 ans, ain­si que des pote­ries d’une grande qua­li­té esthé­tique et des outils de pierre polie qui attestent d’un peu­ple­ment néolithique. 

Cette culture, appe­lée Jomon (du nom de ces pote­ries par­ti­cu­lières déco­rées de reliefs et d’im­pres­sions de cordes) per­du­re­ra au moins jus­qu’au IIIème siècle de notre ère ; elle sera len­te­ment rem­pla­cée par la culture Yayoi. Un nou­veau foyer de civi­li­sa­tion, peut-être consti­tué de popu­la­tions nou­velles en pro­ve­nance du sud de la Chine, se fixa alors dans le nord de Kyushu.

L’u­ti­li­sa­tion du métal dans la fabri­ca­tion des armes et des outils, l’é­la­bo­ra­tion de nou­velles tech­niques de pote­rie mais sur­tout l’in­tro­duc­tion de la rizi­cul­ture vinrent s’a­jou­ter aux uniques acti­vi­tés de pêche et de cueillette des périodes antérieures.

A par­tir du Vème siècle, pour des rai­sons cultu­relles diverses, le Japon s’ou­vrit volon­tai­re­ment à l’in­fluence de la Chine. Les ambas­sades se mul­ti­plièrent., rap­por­tèrent de nom­breux tré­sors, dont l’é­cri­ture, mais c’est seule­ment en 712 que fut rédi­gé le tout pre­mier écrit japo­nais : le Koji­ki. Ce récit mytho­lo­gique des ori­gines fut rapi­de­ment sui­vi, en 720, par un recueil plus his­to­rique d’an­nales, le Nijon Shoki.

A la fin du VIIIème si?cle, le Japon entra dans l’ère dite de Heian (794‑1185). Période d’a­po­gée cultu­relle dans les domaines des arts et des lettres, elle se tra­dui­sit éga­le­ment par la mon­tée des classes guer­rières, qui finirent par s’ar­ro­ger le pou­voir à la fin du XII?me siècle, lorsque Mina­mo­to no Yori­mo­to, vain­queur des luttes entre clans rivaux, fut nom­mé sho­gun (grand chef mili­taire) par l’empereur.

Ce pou­voir fort de type mili­taire per­du­ra jus­qu’en 1868, date à laquelle débu­ta l’ère Mei­ji. A par­tir du XVIème siècle, les grandes expé­di­tions mari­times occi­den­tales pous­sèrent le Japon à s’ou­vrir sur l’ex­té­rieur. Les étran­gers (essen­tiel­le­ment por­tu­gais et hol­lan­dais) impor­tèrent la reli­gion chré­tienne, qui se déve­lop­pa très rapi­de­ment. Au début du XVIIème siècle cepen­dant, le gou­ver­ne­ment déci­da de fer­mer les portes du pays à toutes les influences étrangères.

En 1603, Yedo, l’an­cêtre de Tokyo, devient la capi­tale admi­nis­tra­tive du Japon. La ville se déve­loppe autour de son châ­teau, fon­dé en 1457 par le sei­gneur Ota Dokan non loin de l’emplacement de l’ac­tuel Palais Impé­rial. Mais le siècle sui­vant est mar­qué par une suc­ces­sion de catas­trophes natu­relles : en 1657, un incen­die détruit les 2/3 de la ville. En 1703 un trem­ble­ment de terre catas­tro­phique fait plus de 30 000 vic­times. En 1707-08, le mont Fuji entre en érup­tion et recouvre Yedo de ses cendres. 17 ans plus tard, une ter­rible épi­dé­mie fait envi­ron 190 000 vic­times Yedo. Mais la démo­gra­phie connaî­tra un essor rapide qui pla­ce­ra Yedo au rang de pre­mière ville du monde dès 1790, avec une popu­la­tion éva­luée à 1 400 000 habitants.

Le Japon ne sor­tit de son iso­le­ment volon­taire que lorsque les canons du com­man­dant Per­ry, de la marine de guerre amé­ri­caine, vinrent mena­cer son indé­pen­dance en 1853. A la suite de cette crise poli­tique, le sho­gun dut démis­sion­ner et l’empereur Mut­su­hi­to fut ins­tal­lé au pou­voir en 1868. Tokyo devint la capi­tale offi­cielle. De 1869 à1878 s’ins­tal­la une priode de moder­ni­sa­tion et d’oc­ci­den­ta­li­sa­tion rapide. Le Japon s’af­fir­ma rapi­de­ment comme une puis­sance mili­taire capable, mal­gré son iso­le­ment pro­lon­gé, de démon­trer sa supé­rio­ri­té aux pays voi­sins : il bat­tit la Chine en 1895, ins­tal­la son influence en Corée et défit la Rus­sie ô Port-Arthur en 1905.

Son inter­ven­tion aux côtés des Alliés, au cours de la Pre­mière Guerre Mon­diale, ren­for­ça encore sa posi­tion sur la scène inter­na­tio­nale et lui per­mit d’é­tendre ses ter­ri­toires, confor­mé­ment au trai­té de Ver­sailles. Les années sui­vantes, très pros­pères, furent mar­quées par des chan­ge­ments extrê­me­ment rapides et le Japon déci­da de suivre une poli­tique mili­ta­riste et expan­sion­niste, mais en 1923 un grand trem­ble­ment de terre sui­vi d’in­cen­dies à Kan­to détruit presque entiè­re­ment la capi­tale et les villes voi­sines, fai­sant plus de 100 000 victimes.

Le Japon exer­ça une influence accrue en Asie, enva­hit la Mand­chou­rie en 1931 et une grande par­tie de la Chine à par­tie de 1937. Il s’al­lia à l’Al­le­magne et à l’I­ta­lie en 1936–37, mais dut essuyer une ten­ta­tive de coup d’é­tat mili­ta­riste à Tokyo en 1936. Le 7 décembre 1941, le Japon entre dans la Seconde Guerre Mon­diale en lan­çant une attaque aérienne contre les forces navales amé­ri­caines à Pearl Har­bor (Hawaii), ce qui déci­da les Etats-Unis à par­ti­ci­per au conflit. La machine de guerre japo­naise encer­cla rapi­de­ment la plus grande par­tie du Sud-Est asia­tique et éten­dit sa domi­na­tion sur toute la région jus­qu’en 1943. Lorsque le cours des évé­ne­ment se retour­na contre le pays, des raids dévas­ta­teurs déciment plus de 100.000 Japo­nais les 9,10 mars et 25 mai 1945. Les 6 et 9 août 1945, les Etats-Unis lan­cèrent deux bombes ato­miques sur Hiro­shi­ma et Nagasaki. 

Le 8 août, l’U.R.S.S. décla­ra la guerre au Japon et occu­pa la Mand­chou­rie. Le 14 août, le Japon capi­tu­la. De 1945 à 1952, le pays fut occu­pé prin­ci­pa­le­ment par les forces amé­ri­caines. En 1947, sous l’é­gide des Etats-Unis, une nou­velle consti­tu­tion était adop­tée : le pays s’en­ga­geait à renon­cer à la guerre, à garan­tir les droits fon­da­men­taux de l’Homme et à main­te­nir un régime démo­cra­tique. Depuis la Seconde Guerre Mon­diale, le Japon entre­tient une force de défense, mais les Etats-Unis assurent pour l’es­sen­tiel sa sécu­ri­té. En 1964, ont lieu paral­lè­le­ment aux Jeux Olym­piques de Tokyo, des célé­bra­tions de vingt années de recons­truc­tion. Sap­po­ro accueille les Jeux Olym­piques d’hi­ver en 1972.

Le Par­ti Libé­ral Démo­cra­tique (PLD), qui est res­té au pou­voir pra­ti­que­ment sans inter­rup­tion depuis la Seconde guerre Mon­diale, s’est consi­dé­ra­ble­ment affai­bli depuis les scan­dales finan­ciers de la fin des années 80 et du début des années 90. A la suite de l’é­chec du PLD aux élec­tions légis­la­tives de 1992, un gou­ver­ne­ment de coa­li­tion, for­mé de sept par­tis poli­tiques dis­tincts, et conduit par Mori­hi­ro Hoso­ka­wa, fut consti­tué. Mais ce der­nier devait démis­sion­ner dès l’an­née sui­vante, lais­sant la place à Tsu­to­ma Hata qui, à son tour, quit­ta ses fonc­tions en juin 1994, tan­dis que Tomii­chi Muraya­ma, pré­sident du Par­ti Social-Démo­crate du Japon (PSDJ), était élu Pre­mier Ministre. Et for­mait une coa­li­tion sur­pre­nante avec le PLD. Muraya­ma deve­nait alors le qua­trième Pre­mier Ministre en moins d’un an, et le pre­mier socia­liste à diri­ger le gou­ver­ne­ment depuis 1948.

1995 est mar­qué par une période de chocs suc­ces­sifs : séisme à Kobe, atten­tat au gaz de la secte Aum, hausse du yen et crise politique.

De nom­breuses crises à la bourse de Tokyo éclatent en 1997, tan­dis que débute la confé­rence de Kyo­to de l’O.N.U. sur la réduc­tion des gaz à effets de serre.

1998 est l’an­née des Jeux Olym­piques d’hi­ver de Nagano.

GEOGRAPHIE

Le Japon est un archi­pel de 378.000km_ qui s’é­tend du Nord au sud sur 3.5000 km.

L’ar­chi­pel ne compte pas moins de 6.800 îles. Les prin­ci­pales sont :
Hok­kai­do, Hon­shu, Shi­ko­ku et Kyû­shû, plus Oki­na­wa qui aupa­ra­vant était à la fois sous influence chi­noise et japonaise.

Deux élé­ments sont carac­té­ris­tiques du Japon, la mon­tagne (Yama) et la mer (Kai).

La struc­ture géo­lo­gique du Japon est instable, comme celle des autres guir­landes d’îles qui bordent le Paci­fique occi­den­tal. Comme elles, l’arc nip­pon est bor­dé, à l’Est, par des fosses pro­fondes : la fosse du Japon des­cend à 10374 m. Ces fosses cor­res­pondent à des che­vau­che­ments (pro­vo­qués par la tec­to­nique des plaques) qui sont à l’o­ri­gine de nom­breux séismes.

Le relief du Japon est ardu ; les mon­tagnes couvrent près de trois cin­quièmes du ter­ri­toire. Les plus hauts som­mets, ceux des Alpes japo­naises (trois chaînes trans­ver­sales : Hida, Kiso, Akai­shi), ont l’al­ti­tude de ceux des Pyré­nées (le vol­can Fuji-Yama mis à part). Ailleurs, l’al­ti­tude dépasse rare­ment 2000 m. Cepen­dant, la mon­tagne est omni­pré­sente, le Japon est recou­vert à 67 % de zones montagneuses,avec le plus sou­vent des pentes supé­rieures à 15 %.

On recense plus de 250 vol­cans dont une tren­taine sont encore en acti­vi­té. Le Japon subit plus de cinq mille secousses sis­miques par an. Le point culmi­nant du Japon s’é­lève 3 776 m, il s’a­git du mont Fuji. Les trem­ble­ments de terre sont sou­vent accom­pa­gnés d’im­por­tants raz-de-marée (Tsu­na­mi).

CLIMAT

Les îles du Japon s’é­tendent en lon­gueur du 30¡ au 45¡ degrés de lati­tude Nord ce qui intro­duit des contrastes cli­ma­tiques très forts 

Le cli­mat japo­nais est mar­qué par 4 sai­sons bien dis­tinctes : le prin­temps, l’é­té, l’au­tomne, et l’hi­ver ! Ces sai­sons cor­res­pondent res­pec­ti­ve­ment aux mois de mars à mai, juin à août, sep­tembre à novembre et enfin décembre ? février. 

Au cours de la sai­son froide, le Japon se trouve pris entre un anti­cy­clone (sibé­rien) et un centre dépres­sion­naire. Par consé­quent, il reçoit des vents froids et secs qui au pas­sage de la mer du Japon s’hu­mi­di­fient et se réchauffent ce qui déclenche des pluies et des chutes de neige, la sai­son des pluies est appe­lée  » tsuyu « . A la fin de cette période de pluie suc­cèdent plus de deux mois d’une très grosse cha­leur humide.

Durant l’é­té, le Japon se trouve pris à nou­veau entre les basses pres­sions du conti­nent et les zones sub­tro­pi­cales ce qui donne lieu pour les mois de mai, juin et sep­tembre à de grosses pluies. La pre­mière pluie est appe­lée « pluie des prunes  » ou  » baiu « .

LES VILLES

TOKYO

Tokyo est une immense méga­lo­pole pré­sen­tant peu d’at­trait, si ce n’est le quar­tier Aki­ha­ba­ra qui est le temple de l’élec­tro­nique : on court y ache­ter le maté­riel infor­ma­tique, vidéo, électro-ménager,etc.
Tokyo com­porte un nombre consé­quent de musées qui méritent bien de s’y arrêter.
Au centre du gigan­tesque vacarme per­ma­nent de la ville, le palais impé­rial est un lieu de repos sans pareil : on peut s’y pro­me­ner dans un calme éton­nant. Le dimanche, les ave­nues envi­ron­nantes sont réser­vées aux cyclistes et le lieu devient alors presque tota­le­ment silencieux. 

Si vous d?sirez vous res­tau­rer à Tokyo, on trouve tout mais évi­tez les res­tau­rants fran­çais, tou­jours très chers et rare­ment bons 

HOKKAIDO

Hok­kai­do est l’ile la plus sep­ten­trio­nale de l’ar­chi­pel japo­nais.. Mal­heu­reu­se­ment pour le cli­mat, l’in­fluence de la Sibé­rie est très forte. Il y fait donc très froid en hiver, mais le temps est agréable en été.
Du fait de ces condi­tions dif­fi­ciles, elle est rela­ti­ve­ment peu peu­plée et comme elle est cou­verte de mon­tagnes, c’est un para­dis pour les ran­don­neurs en été et les skieurs en hiver. L’é­té, des mil­liers de visi­teurs se pré­ci­pitent dans les jar­dins voir les plus célèbres flo­rai­sons des ceri­siers au début de l’é­té (juin-juillet sui­vant les années) car la flore et la faune abondent 

Hok­kaï­do pro­pose une cui­sine un peu dif­fé­rente du reste du Japon. Le pois­son et les fruits de mer sont essen­tiels, notam­ment sous forme de laniéères séchées pour gri­gno­ter à toute heure . 

OSAKA

Osa­ka est une immense ville (la deuxième du pays) consa­crée au com­merce et à l’in­dus­trie. Elle est pour­tant très dif­fé­rente de Tokyo car beaucoup 

Cela lui donne un charme par­ti­cu­lier : ses habi­tants sont un peu plus cha­leu­reux et ouverts… leur tenue ves­ti­men­taire est un peu dif­fé­rente du reste du Japon. 

N’hé­si­tez pas à aller dégus­ter des fruits de mer sur doton­bo­ri-dori, l’a­ve­nue prin­ci­pale (et pié­tonne) du centre de la ville. Osa­ka a éga­le­ment l’a­van­tage d’être dans une région où les Japo­nais n’aiment pas beau­coup le « nato » : ce sont des hari­cots très fer­men­tés qui collent et qui ont une odeur assez forte. 

KYOTO

Kyo­to est la ville impé­riale, depuis près de mille ans. Elle a été le centre poli­tique, artis­tique et reli­gieux du Japon pen­dant des cen­taines d’an­nées. Et elle conserve nombre de ses tra­di­tions… Comme les geishas,que l’on peut aper­ce­voir le soir dans le quar­tier de Gion.
Au mois d’a­vril, toute la ville est en fleurs (de ceri­siers) et les tou­ristes sont innom­brables pour pro­fi­ter d’un car­ré d’herbe sous une branche.
La ville com­porte des cen­taines de temples plus ou moins impor­tants, cou­vrant toutes les « sectes » du boud­dhisme et du shinto?ïsme

On peut qua­li­fier Kyo­to comme étant la capi­tale gas­tro­no­mique du Japon. Sa grande spé­cia­li­té est le « tofu » : une sorte de pâte de soja un peu fer­men­tée et d’un goût assez sub­til. Vous trou­ve­rez les meilleurs res­tau­rants dans le quar­tier du temple Nanzen-ji. 

OKINAWA

C’est l’ar­chi­pel de petites iles situé à l’ex­trême sud du Japon. Tout y est dif­fé­rent : les gens, l’ar­chi­tec­ture, la nour­ri­ture, le cli­mat, l’histoire…
Elle conserve encore les pro­fondes cica­trices de la der­nière guerre mondiale.
C’est un para­dis tro­pi­cal peu fré­quen­té par les Japo­nais On y va pour ses plages, ses fruits (mangues et ana­nas, notam­ment) et ses fleurs. L’une des iles, conver­tie en parc natio­nal, est un sanc­tuaire de la flore et la faune tropicale.

La cui­sine d’O­ki­na­wa est très variée par rap­port au reste du Japon. Vous pour­rez trou­ver beau­coup de porc, acco­mo­dé de mille et une façons plus ou moins apé­tis­santes. Les fruits tro­pi­caux sont excel­lents, sur­tout après un long séjour au Japon où tous les fruits et légumes sont hors de prix. 

LA LANGUE JAPONAISE

Intro­duc­tion

La langue japo­naise écrite se com­pose de deux syl­la­baires de cin­quante sons cha­cun ?àl’o­ri­gine, les hira­ga­na et les kata­ka­na et de mil­liers de carac­tères chi­nois, les kan­ji. Il existe aus­si un sys­tème de trans­la­tion en écri­ture euro­péenne appe­lé romaji.

Un peu d’histoire

C’est par l’in­ter­mé­diaire du boud­dhisme et de ses textes sacrés que l’é­cri­ture chi­noise , les kan­ji, fut intro­duite au Japon. Cepen­dant, leur dif­fi­cul­té de lec­ture et d’é­cri­ture creu­sa un fos­sé entre les gens ins­truits et ceux qui ne l’é­taient pas, les femmes en par­ti­cu­lier. Pour pal­lier cet incon­vé­nient, les kana furent inven­tés au cours des VIIIème et IXème siècles. Ils sont la forme sim­pli­fiée des kan­ji les plus fré­quents. Les hira­ga­na ont une forme cur­sive et les kata­ka­na des lignes angu­leuses. Ces deux syl­la­baires de 51 signes et 51 sons au départ, per­mirent à tous d’ac­cé­der à l’é­cri­ture et la lit­té­ra­ture devint bien­tôt le domaine des femmes.

Les hira­ga­na et les kata­ka­na sont tou­jours uti­li­sés de nos jours mais sont moins nom­breux que par le pas­sé. On les appelle cepen­dant tou­jours le « gojûon » (« les cin­quante sons ») bien qu’ils n’en com­portent plus que 46.

Pour ceux qui dési­rent s’i­ni­tier à l’é­cri­ture japo­naise, c’est par l’ap­pren­tis­sage des hira­ga­na qu’il faut commencer.

Uti­li­sa­tion des dif­fé­rents sys­tèmes d’écriture

Dans les textes japo­nais, en règle géné­rale, les mots d’o­ri­gine chi­noise sont écrits en kan­ji, les mots japo­nais sont soit écrits entiè­re­ment en hira­ga­na, soit avec un kan­ji et une ter­mi­nai­son en hira­ga­na, les ter­mi­nai­sons et mots gram­ma­ti­caux sont écrits en hira­ga­na, et les mots et noms d’o­ri­gine étran­gère sont écrits en kata­ka­na. Les roma­ji ne sont uti­li­sés que pour des sigles. Cepen­dant, ces règles sont souples et il n’est pas rare qu’on les trans­gresse volon­tai­re­ment pour faire des effets spé­ciaux, sur­tout dans les publicités.

Les hira­ga­na

Les hira­ga­na sont uti­li­sés pour repré­sen­ter les mots gram­ma­ti­caux, ter­mi­nai­sons de verbe et par­ti­cules encli­tiques (par­ti­cules d’une syl­labe en géné­ral pla­cées ? la fin des sub­stan­tifs pour indi­quer leur fonc­tion dans la phrase). Ils peuvent aus­si être uti­li­sés à la place des kan­ji lorsque ceux-ci sont par­ti­cu­liè­re­ment com­pli­qués ou par choix per­son­nel. Les enfants com­mencent leur appren­tis­sage de la lec­ture et de l’é­cri­ture avec les hira­ga­na. D’autre part, tout texte peut être trans­crit entiè­re­ment en hira­ga­na, ce qui n’en sim­pli­fie pas tou­jours la lec­ture, mais c’est une autre histoire…

Les kata­ka­na

Les kata­ka­na sont uti­li­sés pour repré­sen­ter les mots et les noms étran­gers adop­tés par la langue japo­naise, qui en com­porte beau­coup. Ils servent aus­si à repré­sen­ter la lec­ture de noms japo­nais, noms de per­sonnes, noms de lieux (les hira­ga­na peuvent aus­si rem­plir cet office).

Les kan­ji

Les kan­ji sont des carac­tères chi­nois. On en compte des mil­liers mais le mini­mum néces­saire à la lec­ture d’un jour­nal est de 1945. Cela cor­res­pond au nombre de kan­ji qu’un col­lè­gien japo­nais est cen­sé connaître à quinze ans, fin de la sco­la­ri­té obligatoire.

Trans­crip­tion en « roma­ji » et prononciation

Il existe deux sys­tèmes de trans­crip­tion de l’é­cri­ture japo­naise en alpha­bet romain, les roma­ji : le sys­tème datant de l’ère Mei­ji, uti­li­sé par le Minis­tère de l’E­du­ca­tion Natio­nale et ensei­gné à l’é­cole, et le sys­tème de trans­crip­tion Hep­burn, beau­coup plus simple et facile à lire, uti­li­sé par exemple, sur les pan­neaux de signa­li­sa­tion. C’est donc le sys­tème Hep­burn qui sera expli­qué ici..

La pro­non­cia­tion du japo­nais est simple et ne pose pas de graves pro­blèmes aux fran­co­phones. Cepen­dant cer­tains sons de la langue japo­naise sont peu fami­liers à ces derniers.

QUELQUES NOTIONS SUR LA CALLIGRAPHIE JAPONAISE

La cal­li­gra­phie est une forme d’art qui a été étu­diée depuis plus de 3000 ans. Sa connais­sance est impor­tante pour la com­pré­hen­sion de la culture nip­pone. La cal­li­gra­phie ne se borne pas à un simple exer­cice d” écri­ture manuelle sophis­ti­quée, mais repré­sente l’une des formes d’art prin­ci­pales de l” Extrême-Orient. A l’Ouest, la cal­li­gra­phie a été ins­tau­rée pour sup­pri­mer l’in­di­vi­dua­lisme et trou­ver un style uni­forme. Au contraire, la cal­li­gra­phie japo­naise (shô) tente de don­ner vie aux mots et de les doter de « carac­tère ». Les styles sont très indi­vi­duels et dif­fé­rent selon les per­sonnes. La cal­li­gra­phie japo­naise peut poser pro­blème aux occi­den­taux qui tentent de la com­prendre ; le tra­vail d’é­cri­ture est géné­ra­le­ment ache­vé en quelques secondes, de telle sorte que les non-ini­tiés ne peuvent vrai­ment appré­cier le degré de dif­fi­cul­té impli­qué dans l’acte. De plus, les carac­tères ne sont écrits qu’une seule fois : aucune modi­fi­ca­tion ou addi­tion n’est pos­sible par la suite. 

Qu’est-ce qui dis­tingue la bonne cal­li­gra­phie de la mauvaise ?

La dif­fé­rence est notable pour un oeil entraî­né, mais dif­fi­cile à décrire. Voi­ci quelques carac­té­ris­tiques d’une cal­li­gra­phie soignée : 

o Il appa­raît, dans l’en­semble, un équi­libre natu­rel entre carac­tères et composition
o Les lignes droites sont fortes et claires.
o Les lignes courbes sont délicates.
o Il y a une varia­tion sub­tile de l’é­pais­seur du trait.
o La quan­ti­té d’encre pré­sente sur le pin­ceau joue un rôle important.
o La taille des carac­tères est d’une échelle qui donne vie au travail.
o Il y a un rythme qui res­sort de l’oeuvre entière.
On peut abor­der la cal­li­gra­phie en termes de musique. Le cal­li­gra­phiste s’as­si­mile à un pia­niste et le poème qu’il écrit cor­res­pond à la musique qu’il pro­duit. Le musi­cien s’in­ves­tit dans sa musique pour en don­ner le meilleur rendu.

Une brève his­toire de la cal­li­gra­phie japonaise

La cal­li­gra­phie com­men­ça à s’in­fil­trer dans le Japon durant le VIIème siècle. Le boud­dhisme, issu de l’Inde, a voya­gé é tra­vers la Chine et la Corée et a don­né lieu à beau­coup de conver­sions chez les Japo­nais, incluant les empe­reurs. Des écri­tures boud­dhiques ont été trans­crites en japo­nais de manière très esthé­tique par des prêtres. Le cal­li­gra­phiste japo­nais le plus renom­mé fut cer­tai­ne­ment le boud­dhiste Monk Kukai. Une his­toire raconte que l’empereur Toku­so­ku­tei lui deman­da de réécrire les textes figu­rant sur un pan­neau endom­ma­gé com­por­tant cinq élé­ments. On relate que Kukai a pris un pin­ceau dans chaque main, en coin­çéa un entre les doigts de chaque pied, et un der­nier dans la bouche. Il fut capable de réécrire simul­ta­né­ment les ver­sets figu­rant sur chaque colonne.

Il y a cinq types basiques dans la cal­li­gra­phie japo­naise : ten­sho (style lié), rei­sho (style fin), kai­sho (style gras), gyo­sho (style semi-courbe), sosho ( style courbe). Ils sont tous appa­rus avant le IVème siècle. Par la suite, vers le VIIIème siècle, les japo­nais déve­loppent leurs carac­tères kana, ces der­niers expri­mant des sons au contraire des carac­tères cal­li­gra­phiques qui s’ap­pa­rentent plus à des idéo­grammes. Le déve­lop­pe­ment des kana a don­né nais­sance aux manyo­ga­na, hira­ga­na et kata­ka­na. Les manyo­ga­na sont cer­tains carac­tères chi­nois (kan­ji) uti­li­sés pho­né­ti­que­ment depuis le VIIIème siècle pour repré­sen­ter les syl­labes japo­naises. En ce temps, les Japo­nais n’a­vaient pas encore de sys­tème d’é­cri­ture propre. Quelques poèmes japo­nais ont été réécrits pho­né­ti­que­ment en kan­ji, tan­dis que dans d’autres les kan­ji ont été uti­li­sés de manière idéo­gra­phique. Les hira­ga­na et kata­ka­na ont sur­tout été intro­duits dans un sou­ci de sim­pli­fi­ca­tion dras­tique. Pour la gent noble japo­naise, les hira­ga­na se sont déve­lop­pés d’une façon scrip­tu­rale har­mo­nieuse et sont deve­nus l’u­nique style cal­li­gra­phique japonais.

LE REGIME POLITIQUE

La consti­tu­tion de 1946, éla­bo­rée par l’oc­cu­pant amé­ri­cain, est scru­pu­leu­se­ment appli­quée. Elle a per­mis une grande sta­bi­li­té puisque de 1945 à juillet 1993 l’ar­chi­pel a été diri­gé par deux empe­reurs et deux familles. 

L’empereur :

o Ses pou­voirs poli­tiques aujourd’­hui sont inexis­tants , l’empereur n’est appe­lé qu’à rati­fier des choix qui sont pris en dehors de lui.
o Mais il n’en demeure pas moins  » le sym­bole de l’E­tat et de l’u­ni­té du peuple  » et reste pour les Japo­nais d’au­jourd’­hui le garant de la péren­ni­té natio­nale. Cette idée, pro­fon­dé­ment enra­ci­née dans l’âme japo­naise, que l’ins­ti­tu­tion impé­riale s’i­den­ti­fie à la nation et que celle-ci vien­drait néces­sai­re­ment à dis­pa­raître le jour où l’empereur ces­se­rait d’être l’in­car­na­tion du peuple, explique l’a­char­ne­ment mis à sau­ve­gar­der au moment de la capi­tu­la­tion, l’ins­ti­tu­tion impé­riale. On voit même s’a­mor­cer un mou­ve­ment ten­dant à ren­for­cer les pou­voirs de l’empereur.

Le gou­ver­ne­ment :

o Celui-ci se com­pose du Pre­mier ministre, qui en assure la pré­si­dence, et des ministres d’E­tat. le Pre­mier ministre est choi­si par­mi les membres de la Diète, et c’est le par­le­ment qui le désigne directement.
o Par le jeu du bipar­tisme japo­nais, c’est tou­jours le chef de la for­ma­tion majo­ri­taire qui accède aux res­pon­sa­bi­li­tés suprêmes.
o Les ministres d’E­tat, eux, sont nom­més par le chef du gou­ver­ne­ment, qui peut les révo­quer à son grè.
o le cabi­net (gou­ver­ne­ment) exerce ses pou­voirs (direc­tion et sur­veillance de l’ad­mi­nis­tra­tion, appli­ca­tion de la loi, ges­tion des affaires de l’E­tat) sous le contrôle de la Diète. Il est res­pon­sable devant elle.
o mais l’exé­cu­tif (le gou­ver­ne­ment) pos­sède le droit de dis­soudre la Diète. 

COMMERCE ET AGRICULTURE

o Agri­cul­ture

L’a­gri­cul­ture ne joue plus le même rôle qu’a­vant guerre. L’ur­ba­ni­sa­tion et l’in­dus­tria­li­sa­tion du Japon ont conduit à une baisse de la popu­la­tion rurale et de la popu­la­tion active employée dans l’a­gri­cul­ture, qui ne regroupe plus que 7,2 % des actifs. Sur les 5 mil­lions d’hec­tares culti­vables, plus de 40 % sont tou­jours consa­crés ? la rizi­cul­ture. La pro­duc­tion est sub­ven­tion­née par une caisse de contrôle du riz qui fixe les prix et garan­tit aux agri­cul­teurs un reve­nu éle­vé. En 1993, le pays a pro­duit 9,8 mil­lions de tonnes de riz, occu­pant le neu­vième rang mon­dial. Les céréales, blé, orge, avoine, culti­vées dans le nord de Hon­shu et sur l’île de Hok­kai­do, sont en recul constant et le Japon com­plète ses res­sources en impor­tant du blé aus­tra­lien et amé­ri­cain. L’é­le­vage, peu déve­lop­pé en rai­son du manque de pâtu­rages, est une acti­vi­té tra­di­tion­nelle de Hok­kai­do et de Hon­shu. Thé (92000 tonnes en 1993, sep­tième pro­duc­teur mon­dial), canne à sucre et coton sont les pro­duc­tions natu­relles du sud du Japon.
L’exi­guï­té caract?rise les exploi­ta­tions agri­coles : 70 % des fermes ont moins d’un hec­tare de super­fi­cie ou moins encore. Beau­coup d’a­gri­cul­teurs tra­vaillent aus­si à mi-temps dans l’industrie.

Syl­vi­cul­ture et pêche 

Les deux tiers du Japon sont occu­pés par la forêt ! ; sur cette sur­face, les deux cin­quièmes envi­ron contiennent des varié­tés à bois tendre. L’é­tat pos­sède envi­ron 30 % de la forêt japo­naise, une agence fores­tière gère les res­sources et contrôle le repeu­ple­ment. Mal­grè ces res­sources, l’é­co­no­mie fores­tière est en régres­sion et, pour satis­faire la demande inté­rieure qui s’ac­croît régu­liè­re­ment, le Japon doit impor­ter du bois. La pro­duc­tion en 1992 a été de 28,7 mil­lions de m3.

La pêche est l’une des indus­tries les plus impor­tantes du Japon, les japo­nais étant par­mi les plus gros consom­ma­teurs de pois­son. Le Japon est le troi­sième pro­duc­teur mon­dial avec 8,1 mil­lions de tonnes de prises (1993). La flotte hau­tu­rière japo­naise est l’une des plus grandes du monde. La pêche en haute mer com­plè­te­ment indus­tria­li­sée concourt pour envi­ron 25 % au total des prises tan­dis que la pêche côtière repré­sente presque la moi­tié de la pro­duc­tion totale de cette indus­trie. La pis­ci­cul­ture et l’os­tréi­cul­ture sont pra­ti­quées dans les eaux calmes de la mer du Japon.

o Mines et industries

Les res­sources minières du Japon sont variées mais limi­tées. Pierre à chaux, cuivre, plomb, zinc et quart­zite sont extraits en quan­ti­té insuf­fi­santes pour satis­faire la demande inté­rieure. Le char­bon est la seule matière pre­mière pré­sente en quan­ti­té sub­stan­tielle. Il est extrait à l’est de Hok­kai­do, à Fukuo­ka et Kuy­shu. Mais ce sont des char­bons pauvres et d’ex­trac­tion dif­fi­cile. Les matières pre­mières sont le pre­mier poste des impor­ta­tions du Japon.

Qua­si­ment détruite au sor­tir de la Seconde Guerre mon­diale, l’in­dus­trie japo­naise s’est recons­truite en l’es­pace de trente ans. La crois­sance indus­trielle attei­gnait une moyenne de 9,4 % par ans au cours de la période allant de 1965 à 1980, et elle fut de 6,7 % par an pour la période allant de 1980 à 1988. Le Japon demeure tou­jours le chef de file mon­dial en matière de construc­tion navale, d’in­dus­tries élec­tro­niques et d’in­dus­trie auto­mo­bile. En 1993, le Japon a pro­duit 99,6 mil­lions de tonnes d’a­cier, ce qui en fait le pre­mier pro­duc­teur mon­dial. Encou­ra­gées par une forte, les entre­prises japo­naises délo­ca­lisent de plus en plus leurs acti­vi­tés avec des consé­quences sur l’emploi inté­rieur ! ; il y avait offi­ciel­le­ment 3,2 % de chô­meurs au Japon en 1995.

Le Japon fait par­tie des pre­miers pays du monde pro­duc­teurs d’élec­tri­ci­té. 61 % de l’élec­tri­ci­té est d’o­ri­gine ther­mique ! ; les cen­trales hydro­élec­triques en pro­duisent 12 %, les cen­trales nucléaires 27 %. La pro­duc­tion annuelle d’élec­tri­ci­té est d’en­vi­ron 888 mil­liards de kilo­watt­heures. L’in­suf­fi­sance de ses res­sources éner­gé­tiques oblige le Japon à impor­ter en grande quan­ti­té les matières pre­mières (le Japon est le pre­mier impor­ta­teur de pétrole au monde).

o Echanges

En 1994, les impor­ta­tions ont atteint le chiffre de 274,4 mil­liards de dol­lars, et les expor­ta­tions 395,6 mil­liards de dol­lars, don­nant au Japon le troi­sième rang mon­dial des pays expor­ta­teurs. Les pro­duits manu­fac­tu­rés entrent pour plus de 90 % dans le chiffre total des expor­ta­tions ! ; le pétrole brut et le pétrole raf­fi­né repré­sentent 17,4 % des impor­ta­tions, les matières pre­mières comme le bois, les mine­rais et les métaux 6,4 %. Jus­qu’en 1993, les impor­ta­tions de riz étaient inter­dites , mais de mau­vaises récoltes, en 1993–1994, for­cèrent le Japon à en impor­ter d’ur­gence envi­ron un mil­lion de tonnes, en pro­ve­nance de Thaï­lande, d’Aus­tra­lie et des Etats-Unis. En 1994, la conclu­sion de l’U­ru­guay Round et les dis­po­si­tions de l’ac­cord sur l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale du commerce 

(World Trade Orga­ni­sa­tion) ont ame­né le Japon à accep­ter d’ou­vrir davan­tage son mar­ché intérieur. 

* Le com­merce exté­rieur est essen­tiel pour l’é­co­no­mie japo­naise. En effet, le mar­ché inté­rieur est inca­pable d’ab­sor­ber entiè­re­ment les pro­duits manu­fac­tu­rés fabri­qués par l’in­dus­trie japo­naise. De plus, comme le Japon est obli­gé d’im­por­ter une grande par­tie des matières pre­mières dont dépendent ses indus­tries, le pays est dans l’o­bli­ga­tion d’ex­por­ter une pro­por­tion sub­stan­tielle de sa pro­duc­tion annuelle natio­nale. Le Japon a uti­li­sé les énormes excé­dents com­mer­ciaux accu­mu­lés pen­dant les années 1970 et 1980 pour réa­li­ser ? l’é­tran­ger des inves­tis­se­ments massifs. 

En 1993, les pays asia­tiques repré­sen­taient envi­ron 42 % du total des importations
Les ser­vices audiovisuels

Le ciné­ma
Mar­ché de 7.5 MdF en 1996, le ciné­ma au Japon est consi­dé­ré comme une indus­trie et nést pas sou­te­nu par les pou­voirs publics. La fré­quen­ta­tion des ciné­mas a été divi­sée par 10 depuis 1958 et atteint 120 mil­lions d’en­trées en 1996. Le Japon est le 2ème mar­ché à l’ex­port (avec l’Al­le­magne) après les Etats-Unis.

La vidéo
Le mar­ché de la vidéo (vente et loca­tion) a atteint 35 MdF en 1996, cor­res­pon­dant à 1 mil­liard de cas­settes vision­nées. On recense 45 édi­teurs au Japon.

La musique
L’in­dus­trie musi­cale a géné­ré un chiffre d’af­faire de 35 MdF en 1995 repré­sen­tant le 2ème marché
mon­dial après les Etats-Unis. Il faut rap­pe­ler l’im­por­tance du mar­ché du karaoke (40 MdF en 1996) véri­table phé­no­mène de socié­té au Japon.

La télé­vi­sion
Deuxième mar­ché mon­dial après les Etats-Unis, le mar­ché de la télé­vi­sion au Japon repré­sente envi­ron 130 MdF. Les dif­fu­seurs hert­ziens sont la NHK (public, 18 % du mar­ché) et les réseaux de télé­vi­sion com­mer­ciale (5 grands réseaux natio­naux, 73 % du marché).on estime que le Japon achéte 400 h de pro­grammes fran­çais (docu­men­taires et films) par an pour un mon­tant de 20 MdF.

Lédi­tion électronique
Le mar­ché des CD ROM : 10 MdF en 1995, 4000 titres dis­po­nibles (42 % sur PC, 39 % sur console, 13 % pour karaoke). On estime qu’un titre moyen vend entre 2000 et 7000 copies. Un hit peut mon­ter à 30000 copies. La pré­do­mi­nance des jeux est assez mar­quée, ceux-ci sont aus­si lar­ge­ment dif­fu­sés sur les consoles Nin­ten­do, Sega et Sony. 

Trai­te­ment de l’air

Le mar­ché japo­nais de l’en­vi­ron­ne­ment est un mar­ché por­teur, sol­vable et en pleine expan­sion : selon les esti­ma­tions du MITI (Minis­te­ry of Inter­na­tio­nal Trade and Indus­try), le mar­ché des indus­tries de l’en­vi­ron­ne­ment, esti­mé à 1500 mil­liards de yens en 1993 (75 mil­liards de francs envi­ron) devrait atteindre 2300 mil­liards de yens en l?n 2000 et 3500 mil­liards d’i­ci 2010.
L’in­dus­tria­li­sa­tion for­ce­née du Japon, la proxi­mi­té entre zones urbaines et indus­trielles, et le manque d’es­pace ont conduit à une impor­tante pol­lu­tion de l’air, accen­tuée par un large recours à l’in­ci­né­ra­tion, impor­tant pro­duc­teur d’é­mis­sions nocives. Cette ten­dance est ren­for­cée dans les grandes villes où la den­si­té de popu­la­tion est très éle­vée (on compte en moyenne 1500 habi­tants au kilo­mètre carré). 

Fer­ro­viaire

Impé­né­trable il y a encore moins de dix ans, le sec­teur fer­ro­viaire est deve­nu l’un de ceux offrant le plus d’op­por­tu­ni­tés pour les socié­tés françaises.
La recherche des meilleures tech­niques, fusent-elles étran­gères, a pris désor­mais le pas sur les pré­fé­rences clas­siques des exploi­tants pour les construc­teurs japonais.
Nou­velle oppor­tu­ni­té de débou­chés : les nou­veaux sys­tèmes de trans­port urbain. Le réseau de tram­way au Japon, qui a son apo­gée tota­li­sait 1500 km dans 65 villes, s’est for­te­ment contrac­té aujourd’­hui (240 km dans 19 villes).ce sys­tème connaît tou­te­fois un vaste regain d’in­té­rêt au Japon et plu­sieurs muni­ci­pa­li­tés envi­sagent l’im­plan­ta­tion d’un sys­tème moderne de tram­way ou la réno­va­tion de leurs sys­tèmes existants.
Chiffres-clé : 403 mil­liards de passagers/km/an ; plus de 40 % du tra­fic mon­dial. Un parc impor­tant de véhi­cules (plus de 50000) et une pro­duc­tion annuelle dépas­sant les 25000 unités. 

Les ser­vices informatiques

L’in­dus­trie des ser­vices infor­ma­tiques a connu, au Japon, une forte expan­sion à la fin des années 80. Après deux années dif­fi­ciles (1993–1994), elle connaît une nou­velle crois­sance depuis 1995 et pèse aujourd?ui 350 mil­liards de francs.

La nour­ri­ture japonaise 

Le repas au Japon n’est pas relié à la fonc­tion pri­maire de man­ger pour se nour­rir mais fait par­tie inté­grante de l’art dans sa forme la plus pure.
Les pré­sen­ta­tions sont comme des tableaux, chaque ingré­dient ayant sa place sur une même assiette ou des rame­quins sépa­rés. Tout le repas se déroule avec des baguettes, pas de nappe et pas de ser­viettes de table. A la fin de chaque repas chaque per­sonne a un petit bol d’eau chaude par­fu­mée au citron pour se dégrais­ser les doigts. Ques­tion bois­son on boit du saké, de la bière ou du thé vert ‚chaud ou froid. Le repas japo­nais ne com­porte pas de des­sert, on ter­mine géné­ra­le­ment par un fruit. 

L’un des plats que vous ris­quez de ren­con­trer le plus sou­vent au japon est le sushi. Il se pré­sente sous forme d’une boule de riz apla­tie dans laquelle on se trouve un mor­ceau de pois­son cru.
La dif­fé­rence avec un maki est qu’il est rou­lé entou­ré très sou­vent d’une feuille de Nori (algue) et peut pré­sen­ter de mul­tiples ingré­dients dans son centre, soit du pois­son cru, du caviar, de l’omelette. 

Il existe un moyen peu oné­reux pour se nour­rir au japon, ce sont les Kai­ten zushi. Il s’a­git d’un grand comp­toir cir­cu­laire autour duquel sont ins­tal­lés les clients et au centre duquel les cui­si­niers pré­parent les sushi, tou­jours par paires. Chaque paire est mise sur une assiette de cou­leur dif­fé­rente sui­vant les prix (assiettes rouges 100 yens soit envi­ron 45 francs) et tourne sur le comp­toir. Le client prend ce qui lui plaît et paie à la fin. Incon­vé­nient attente impor­tante avant d’être ser­vi sui­vant les heures de pointe. 

Voi­ci une liste non exhaus­tive de ce que vous ris­quez de goûter :

 shake (sushi au saumon),

 iku­ra (sushi entou­rés d’algues crous­tillantes avec des œufs de sau­mon au milieu),

 tama­go (sushi a l’omelette).

Au moment de payer fen­dez-vous d’un GOCHISOO SAMA DESHITA qui fera com­prendre au cui­si­nier que vous avez bien mangé.
La plu­part des plats japo­nais com­portent du pois­son cru mais il existe des plats à base de viande cuite tel que le sukiya­ki (bœuf, cham­pi­gnons, tofu et nouilles de blé cuits au wok à la table).
On peut trou­ver éga­le­ment du poulet.
Ce sont des bro­chettes tra­di­tio­nelles ser­vies sans pré­sen­ta­tion dans les assiettes.
Etant don­né que les ingré­dients sont cou­pés en très petits ‚le temps de cuis­son est très court.En com­plé­ment on dis­pose d’un bol de riz blanc ain­si qu’une petite assiette dans laquelle on verse indi­vi­duel­le­ment de la sauce.

En entrée géné­ra­le­ment on trouve une soupe claire au pois­son blanc ou soupe claire aux moules.
Pour le déjeu­ner vous trou­ve­rez géné­ra­le­ment une soupe à base de lamelle de porc et un œuf et des nouilles