Le design est-il de gauche ?

Le desi­gn est un outil de com­mu­ni­ca­tion, qui se doit de s’a­dres­ser à notre sys­tème ner­veux , par le par­cours obli­ga­toire du cer­veau. Cer­veau gauche ou droit ? Les deux mon capitaine !
Oui mais, le desi­gn dans tout cela ? Patrick Millet s’est posé la question.

Déci­dem­ment les lec­teurs d’Ad­mi­rable Desi­gn ne s’ar­rêtent jamais de penser !

Sen­sible et sensé.

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Gauche ! Droite !

Comme beau­coup de choses dans la nature l’u­ni­té n’est sou­vent qu’ap­pa­rente et se com­pose de la réunion de plu­sieurs éléments.

Notre cer­veau fonc­tionne éga­le­ment en couple, mais dans cette rela­tion cer­veau droit ‑cer­veau gauche, lequel a le des­sus ? Chez neuf per­sonnes sur dix le cer­veau gauche asser­vit le cer­veau droit (et contrôle la main droite). Mais cette rela­tion domi­nant domi­né nous est-elle bénéfique ?

Notre vie tout entière est régie par des créa­tions fon­da­men­tales de notre hémi­sphère gauche : le temps, le lan­gage, la conscience. Nour­ris­sons, juniors, seniors, du matin jus­qu’au soir notre emploi du temps est frac­tion­né. C’est le temps quan­ti­fié, le temps subit du réveil matin ou des alertes de votre Palm.

Pour l’hé­mi­sphère droit, le temps est vivant c’est celui des sai­sons, le cycle des marées…
Toute notre socié­té parle le lan­gage de notre hémi­sphère gauche. Notre édu­ca­tion, la télé­vi­sion, la publi­ci­té et le mar­ke­ting en émanent et uti­lisent toutes ces codi­fi­ca­tions qui font appel à notre rai­son. Autour de nous toutes les infor­ma­tions, tous les mes­sages, toutes les images qui nous sont offertes sont réa­li­sées, tes­tées pour être trans­for­mées immé­dia­te­ment par notre cer­veau gauche en un lan­gage com­pris et donc par­ta­gé par l’en­semble du groupe social.
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Com­prendre pour acheter ?

La com­pré­hen­sion voi­là ce que tous les publi­ci­taires du monde et poli­ti­cien recherchent : je n’a­chète pas, je ne regarde pas, je ne vote pas si je ne com­prends pas. La mau­vaise inter­pré­ta­tion doit être ban­nie. Pour­quoi tou­jours des paroles sur les chan­sons, des mes­sages sur les publi­ci­tés, des phrases voca­tions sous les logotypes ?

Depuis les débuts de l’ère indus­trielle toute notre civi­li­sa­tion occi­den­tale s’est déve­lop­pée selon des valeurs et des sché­mas ins­ti­tués par notre cer­veau gauche.

Ration­nel et logique notre cer­veau gauche per­çoit le monde d’une façon rai­son­née et ana­ly­tique. On lui doit essor indus­triel, pro­grès scien­ti­fiques et révo­lu­tion informatique.Mais on lui doit éga­le­ment tous les maux asso­ciés : pol­lu­tion, des­truc­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, oubli des tra­di­tions. Il a façon­né notre monde actuel à son pro­fit et nous le laisse au bord de la destruction.

Pour­tant depuis peu nous per­ce­vons les limites d’une approche uni­la­té­rale de la com­pré­hen­sion de notre monde gou­ver­née par la rai­son et redé­cou­vrons avec bon­heur spi­ri­tua­li­té et nature.

Le tra­vail d’a­gence de desi­gn est de for­mu­ler gra­phi­que­ment avec notre hémi­sphère gauche ce que nous res­sen­tons avec notre hémi­sphère droit, de mode­ler la créa­tion au contact du mar­ke­ting. Mais cette pré­do­mi­nance de la rai­son sur l’é­vo­ca­tion a ses limites, les codes gra­phiques clairs pour expri­mer des idées simples ne sont pas infi­nis. Le car­can actuel impo­sé par le mar­ché génère des images insi­pides et les créa­tions nova­trices ne sont pas légion. Des images d’E­tape gra­phique aux réa­li­sa­tions de la rue il y a un monde ! et beau­coup de desi­gner se sentent frus­trés par l’é­vo­lu­tion du métier.
Document Inria
Où l’on reparle de sens…

Le mar­ke­ting sen­so­riel s’ap­prête pour­tant à bou­le­ver­ser notre vie.

Desi­gn olfac­tif, archi­tec­ture sonore, scé­no­gra­phies sen­so­rielles mêlant l’i­mage et le goût, l’o­deur, le son, le tou­cher ; les émo­tions sont au centre du débat.

Vous l’a­vez com­pris, on ne s’a­dresse pas à notre cer­veau gauche comme à notre cer­veau droit. Les outils mar­ke­ting et publi­ci­taires à mettre en œuvre pour les sol­li­ci­ter sont dif­fé­rents. _ Notre cer­veau droit ne gère pas la parole mais les émo­tions, il gère sou­ve­nance et non-dit.
Le mar­ke­ting sen­so­riel s’a­dresse à nos deux cer­veaux sans en pri­vi­lé­gier un, il rêve d’as­so­cier leurs capa­ci­tés pour faire naître l’harmonie.

La réus­site d’une scé­no­gra­phie sen­so­rielle tient dans sa capa­ci­té à expri­mer une Marque dans un lan­gage silen­cieux qui met en œuvre les per­cep­tions du corps et de l’es­prit. Ces images, sons, sen­sa­tions, confuses pour notre cer­veau gauche sont faci­le­ment déchif­frables par notre cer­veau droit : les émo­tions que nous res­sen­tons, et qui jaillissent d’une scé­no­gra­phie sen­so­rielle sont assi­mi­lées par notre hémi­sphère droit, puis tra­duites par notre cer­veau gauche.

Notre cer­veau droit est capable de recon­naître les pre­miers effluves d’un par­fum, les pre­mières notes d’une musique, les pre­mières images d’un film et de retrou­ver la glo­ba­li­té du message.

Le tra­vail du scé­no­graphe sen­so­riel est de cap­ter les élé­ments pro­fonds de la marque c’est-à-dire de retrans­crire l’E­go de la Marque en émotions.

Ces émo­tions pour­ront être visuelles, audi­tives, olfac­tives mais tou­jours dans un sou­ci de créer un rap­port étroit à la Marque