2010 : François, étudiant (feuilleton, chapitre 3)

Succès pour ce 1er feuilleton de design ! Alors, on continue… et termine aujourd’hui l’histoire de François, étudiant en 2010 (au minimum…). Suite et fin donc.

Nous apprenons ici quelle pourrait être l’organisation d’une journée d’un étudiant dans un futur proche.

Vivement demain ? A vous de juger…

VIVRE EN 2010

3- Amour et badgage

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Le salaire par le net…

François travaille en parallèle de ses études. Grâce au temps libéré par l’enseignement à distance, il peut s’assurer un petit revenu en travaillant le soir dans le hub de logistique d’un grand groupe de commerce électronique : contrôle de qualité de la chaîne automatisée d’expédition, il faut de bons yeux et de l’attention…

Le badgage électronique aide beaucoup à la tâche. Les mésaventures des premiers clients de la vente en ligne ne sont plus de mise aujourd’hui. 70 % des échanges se font via le net dorénavant. Il faut dire que l’évolution récente des solutions de paiement a définitivement garanti le succès du e‑commerce : facturation téléphonique, empreinte vocale, terminal personnel…Tout est aujourd’hui définitivement garanti.

Son « petit boulot », ça paye pas mal, ça arrondit les fins de mois et ça lui permet même de payer quelques cours supplémentaires auprès d’universités dont les programmes sont spécifiques. Il est payé au temps passé sur le net, à la condition d’être strictement connecté au serveur de l’entreprise. Il ne faudrait que l’entreprise qui l’emploi le paye pour du temps passé à gérer ses affaires personnelles. Il faut que les limites entre vie personnelle et professionnelle soient strictement définies.

À 12h, souvent, François va au parc pour regarder la nature : il y a un peu de transport pour rejoindre le site. Il en profite pour consulter à nouveau son, espace personnel numérique du lycée, accessible sur son mobile 3G (3ème génération). Le lycée a bien fait les choses en termes d’interopérabilité il y a quelques années ; même sur leur vieux système open source des années 2000, ça marche encore bien. Ils ont bien fait, les politiques, d’introduire l’indépendance technologique dans la constitution européenne…

Le portable travaille pour François

Au parc, François déconnecte. Il regarde les enfants jouer avec leurs robots téléguidés…À cache-cache, colin-maillard et chat perché. Son portable continue, lui, de travailler. Il enregistre le dernier roman à la mode. Fana, de James Ellroy et de littérature noire américaine, passion qu’il partage avec quelques proches, François a mis en place une bibliothèque privée où ses copains s’échangent les romans noirs américains.

Il lui arrive d’enregistrer de pair à pair de la vidéo et de la musique aussi. Cette pratique a failli devenir hors la loi, mais le Conseil Constitutionnel a tranché : dans le pays des droits de l’Homme, le respect de la vie privée à primer sur les préoccupations sécuritaires.

François est libre d’écouter, de lire, de voir…Toutes les musiques, tous les livres, tous les films du monde dans sa bibliothèque géante. Il est fier de contribuer aux fonds de soutien aux auteurs quand il règle sa facture d’opérateur multimodal. Pas d’état d’âme pour copier, dupliquer, transmettre, François est toujours en règle. 

Quand maman apparaît à l’écran…

À 14h, il a un autre cours, et puis un video-entretien avec le directeur des ressources humaines d’une société qui veut l’embaucher le prochain été. Puis il ira courir en fin de journée. Il étrennera alors sa ceinture de sport qui reliée à ses lunettes écrans le renseignera sur son état de santé, rythme cardiaque, récupération, calories dépensées, indice de sudation, …des patchs de compléments vitaminés lui apporteront la compensation de ses besoins pendant son effort.

Une douche, un auto bilan sanguin, …Et il pourra aller manger. Ce soir, sa mère a promis de se connecter. Elle mangera en face de lui par écran interposé. François aime bien dîner avec sa mère, passé quelques heures ensemble au moment du souper.

À la fin du XXe siècle, il se souvient qu’il était impossible de manger ensemble et à heures fixes. Il paraît que dans le temps « d’avant », le chef de famille ouvrait et fermait son couteau pour entamer et clore le dîner de toute une famille. Lui, avant, il n’a connu que des dîners devant la télé qui s’étalaient de 20h à 23h au rythme des emplois du temps de chacun.

Vers 22h, Céline le rejoindra peut-être…

Alors il faudra tout débrancher : ils pourront jouer aux jeux de l’amour, blottis l’un contre l’autre, comme tous les gens qui s’aiment, comme des êtres humains qu’ils n’ont jamais cessé d’être.

Fin

Frédéric Degouzon – Responsable Multimédia – L’Ecole de Design Nantes Atlantique

Christian Guellerin – Directeur général – L’Ecole de Design Nantes Atlantique