Le design créateur de richesses et de violences..

C’est la question que s’est posée Jocelyne Le Bœuf, historienne de l’art, responsable des cours à l’Ecole de Design de Nantes.

Admirable Design a extrait ce passage d’un de ses articles publié dans « Do you speak good design ? » de ladite école…

Le sujet est important et peu traité. Il mérite réflexion.

Ethique et design, possible ?

« Une éthique du design voudrait dire que chaque acte visant à transformer notre environnement matériel, en maîtrisant les questions sociales, économiques, écologiques, …, avec toutes leurs conséquences, de façon à ce qu’il n’y ait pas de nuisance pour l’homme.

Mais on sait très bien que, en définitive, tout est question de compromis. Il faut que le « bonheur » des usagers coïncide avec les besoins de l’entreprise pour faire fonctionner une économie créatrice de richesses mais aussi de violences.

Plus modestement, il me semble important d’inculquer aux apprentis designers, au delà des savoir-faire techniques et méthodologiques, une conscience des mécanismes en œuvre dans l’élaboration d’un projet et leurs conséquences.

Le refus des effets trompeurs…

La fascination de nombreux penseurs du XIX° siècle, qui prenait pour modèle la perfection fonctionnelle des organismes vivants, avait introduit l’idée d’une vérité de l’objet devant refléter la dépendance réciproque des « organes internes » et de la forme visible.

(…)

Cette thèse fondatrice de la pensée moderne a été largement critiquée et remise en cause.

Mais peut-être peut-on retenir le refus des effets trompeurs. Il s’agirait donc de transmettre aussi une capacité critique permettant de décrypter et situer les discours ambiants dans leur contexte, afin d’être réellement en situation de choix.

Le reste… est affaire de responsabilité individuelle. »