Coach pour designers ?

Les agences de desi­gn ont-elles besoin d’un coach ?

Les desi­gners sont-ils dif­fé­rents à coacher ?

Le coa­ching est cette méthode qui consiste à accom­pa­gner des col­la­bo­ra­teurs dans une entre­prise. L’ob­jec­tif est qu’ils soient plus per­for­mants en se réa­li­sant plei­ne­ment dans leur vie pro­fes­sion­nelle comme dans leur vie personnelle.

Le coach est un spy­cho­logue dou­blé d’un connais­seur en condi­tions de tra­vail et rela­tions humaines.

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Nous avons ren­con­tré une coach spé­cia­li­sée dans le desi­gn ! Eli­sa­beth Damour et sa socié­té Sui­vi d’Ef­fets (la pro­messe est claire…) répond à nos questions. 

AD : Les desi­gners seraient donc d’une race à part pour méri­ter un coa­ching spécialisé ?

Eli­sa­beth Damour :

Bien sûr, les desi­gners pos­sèdent en abon­dance la créa­ti­vi­té, une des com­po­santes des ‘soft skills”, ces com­pé­tences rela­tion­nelles et mana­gé­riales incon­tour­nables pour qui se situe au centre d’un pro­ces­sus fon­da­men­tal d’échanges. 

Dans un envi­ron­ne­ment en réseau et de sur­croît de plus en plus mul­ti­cul­tu­rel, les desi­gners ont à sou­te­nir un haut niveau de per­for­mance tout au long de leur par­cours pro­fes­sion­nel : pour cela, ils ont besoin de s’a­dap­ter et de vivre de nou­veaux appren­tis­sages qu’ils soient col­la­bo­ra­teurs en entre­prises ou en agences.
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AD : vous créez donc des pas­se­relles entre la per­son­na­li­té du desi­gner et les contraintes des métiers de la création ?

ED : L’ob­jec­tif du coa­ching de Sui­vi d’Ef­fets est de faci­li­ter la dis­po­si­tion du desi­gner à réus­sir, à se pro­je­ter dans le futur et à acqué­rir une conscience claire de ses potentiels.

AD : On peut dire cela de tous les métiers, non ?

ED : Tous les métiers ne font pas appel à la néces­si­té d’être créa­tif en permanence !
Notre démarche se situe sur les pro­ces­sus et com­por­te­ments. Le but est d’of­frir au desi­gner, un cadre de « per­mis­sion et de pro­tec­tion » où il pour­ra lais­ser s’é­pa­nouir ses poten­tiels ima­gi­naires et sa vision du futur. 

 Pour être plus concret, nous explo­rons trois fon­da­men­taux dans le déve­lop­pe­ment rela­tion­nel des designers :

1 – On traite de la glo­ba­li­té du métier de desi­gner pour qu’il se sente recon­nu, je dirais res­pec­té dans sa dimen­sion artistique.

2 – On essaie d’y voir clair dans ses valeurs et ses aspi­ra­tions. Trou­ver les res­sources pour créer même lorsque la situa­tion est insa­tis­fai­sante est un des objec­tifs du coaching !

3- Il s’a­git enfin, de faci­li­ter un « mana­ge­ment indi­vi­dua­li­sé » qui prend en compte la diver­si­té des moti­va­tions et poten­tiels du designer.

Le coa­ching peut-il aider les desi­gners en panne de créativité ?

ED :L’ob­jec­tif du coa­ching est de déve­lop­per chez les desi­gners une conscience indi­vi­duelle de leur créa­ti­vi­té afin de res­ter tou­jours « neuf ».

Les desi­gners ne manquent jamais d’ins­pi­ra­tion, mais par­fois, celle-ci semble se figer. Que s’est-il pas­sé : les ‘rituels” mis en place pour faci­li­ter l’ac­cès au monde inté­rieur se sont vidés de leur sens, cer­tai­ne­ment parce que la per­sonne a chan­gé, elle a de nou­veaux besoins. 

Avec le coa­ching, on peut apprendre à désap­prendre pour réap­prendre quelque chose qui vient de soi !

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AD : Résu­mez-nous en conclu­sion, ce que peut attendre un desi­gner du coa­ching que vous pratiquez ?

ED : On peut les résu­mer en 5 points principaux :

Cla­ri­fier ses valeurs, le sens qu’il donne à ses créa­tions dans « la culture » de l’entreprise.

 Repé­rer ses dif­fi­cul­tés à vivre son cadre de tra­vail (ins­ti­tu­tion­nel, hié­rar­chique, horaire …) !

 Eta­blir une dis­tance entre lui créa­teur et sa créa­tion. Se libé­rer de confu­sions entre impli­ca­tion et fusion, risque créa­tif et mise en danger.

 Se pen­cher sur sa réa­li­té, sans peurs ni regrets : éla­bo­rer une struc­ture de créa­tion et une dyna­mique per­son­nelle de réus­site qui per­mettent de fran­chir les contra­dic­tions et les résis­tances au changement. 

 Déci­der de ses choix pour le futur : apprendre à deman­der plu­tôt que d’attendre. 

 Redé­cou­vrir le bon­heur de tra­vailler avec les autres… 

Avouez que ce n’est pas rien !