Anna Asensio : de Renault à GM…

Une petite Fran­çaise à la tête du desi­gn avan­cé du pre­mier construc­teur auto­mo­bile du monde, voi­là qui n’est pas banal.

Signe que le talent dans les métiers du desi­gn n’a ni sexe, ni âge ! Rares sont les pro­fes­sions aus­si ouvertes, non ?

Rai­sons sup­plé­men­taires pour mettre à la une d’Ad­mi­rable Desi­gn, cette remar­quable desi­gner… et de com­prendre l’é­norme chal­lenge que cela repré­sente pour elle.

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Une guerre à gagner…

Le chal­lenge est loin d’être gagné. Gene­ral Motors, le numé­ro un (pour com­bien de temps ?) de la construc­tion auto­mo­bile mon­diale, se voit talon­né par Toyo­ta. Ce der­nier avec ses mon­tagnes de cash pour­rait ne faire qu’une bou­chée de GM, si tel en était l’opportunité !

Des modèles sans style, des marques aux images confuses, une tech­nique en retard expliquent cette situa­tion que par­tagent Ford et Chrys­ler aux Usa. Faut dire, que cet énorme mar­ché sem­blait à l’a­bri des assaillants, mal­gré les suc­cès gran­dis­sants des Toyo­ta, Nis­san et Hon­da et les marques germaines.…

Le pachy­derme s’est enfin mis à bou­ger dans le bon sens en appe­lant à son secours, une pres­qu’in­con­nue du desi­gn, de 43 ans, Anne Asensio.

Pas tout à fait incon­nue pour tout le monde, puis­qu’elle est l’au­teur du desi­gn d’un phé­no­mène auto­mo­bile : le Scé­nic Renault. Même si l’on sait que dans l’in­dus­trie auto­mo­bile, on ne peut attri­buer le desi­gn qu’à un seul nom…
(Où en serait aujourd’­hui Anne Asen­sio sans la clair­voyance d’un Patrick Le Quément ?)

Anne Sensio et le Hummer H3T

L’ef­fi­ca­ci­té amé­ri­caine et la sen­si­bi­li­té européenne.

Bref, tout ceci pour dire qu’a­près dix années pas­sées chez Renault voi­ci notre Anne natio­nale confron­tée à une autre approche du desi­gn. « Plus prag­ma­tique, plus quan­ti­ta­tive… », moins pré­oc­cu­pés par les aspect envi­ron­ne­men­taux et socio­lo­giques qu’en Europe, les construc­teurs amé­ri­cains pensent d’a­bord à la fabri­ca­tion, aux notions de masse.

On voit ce que la culture euro­péenne d’Anne Asen­sio, peut appor­ter de com­plé­men­taire aux desi­gners de Gene­ral Motors. D’au­tant plus que la redé­fi­ni­tion des marques du groupe impose un tra­vail qua­li­ta­tif et sen­sible, pour pro­je­ter en avant les valeurs des marques dans des desi­gns dif­fé­ren­ciés. Pas­ser de Che­vro­let à Cadillac sans oublier Saab ou Saturn, est une réflexion où la psy­cho­lo­gie et la sen­si­bi­li­té fémi­nine peuvent être des atouts décisifs.

Les Amé­ri­cains imbat­tables quand il s’a­git de stan­dar­di­sa­tion, ont bien com­pris la néces­si­té d’une approche plus fine de la seg­men­ta­tion de leurs marchés.

La tâche est lourde et les pre­miers effets de cette remise à plat pren­dra du temps. En atten­dant, Gen­ral Motors souffre, rogne sur ses pro­fits, casse les prix. Les temps sont durs. Il faut tenir avant d’at­ta­quer avec de nou­velles armes. Pas le droit à l’erreur…

Pas éton­nant qu’Anne Asen­sio annonce un pro­gramme de tra­vail quo­ti­dien de 7 heures à plus de 20 heures.

Dis Anne, c’est quoi les rtt vus de Detroit ?