Avez-vous un agent de design…comme Philippe Starck ?

Admi­rable Desi­gn ne vous fait entrer dans les cou­lisses des stars du desi­gn pour y décou­vrir un métier qui res­semble à s’y méprendre à celui d” agents d’ar­tistes : agent de design !

Nico­las Min­vielle res­pon­sable des marques / Phi­lippe Starck et Emma­nuel Kel­ler, tous deux asso­ciés du Groupe Desi­gn Conseil, sont des pré­cur­seurs dans un nou­veau job qui est à la veille d’exploser !

A décou­vrir et à méditer… 

Emmanuel Keller & Nicolas Minvielle

Agent de designer : un métier à venir…

Pour les musi­ciens, les comé­diens ou les man­ne­quins, le recours à un mana­ger / agent est une étape obli­ga­toire et ce quelque soit le niveau de noto­rié­té atteint. Ain­si, Art­me­dia conti­nue à repré­sen­ter de nos jours Cathe­rine Deneuve et Gérard Depar­dieu. Le sys­tème est deve­nu à ce point répan­du qu’il a été ins­ti­tu­tion­na­li­sé au tra­vers de la loi du 26 décembre 1969 qui sti­pule que « le pla­ce­ment d’ar­tistes peut être effec­tué à titres oné­reux. Peuvent seules opé­rer ces pla­ce­ments les per­sonnes phy­siques ou morales qui sont titu­laires d’une licence annuelle d’agent artistique. »

La fonc­tion d’agent reste encore peu pré­sente dans les métiers du design

Force est de consta­ter que dans le milieu du desi­gn, cette fonc­tion reste peu déve­lop­pée. Les expli­ca­tions à cet état de fait sont mul­tiples. D’une part, étant à la croi­sée des che­mins entre l’art et l’in­gé­nie­rie, le desi­gn a été moins sujet que d’autres pro­fes­sions pure­ment artis­tiques à la récu­pé­ra­tion du sys­tème des agents ; d’autre part, cer­tains acteurs du desi­gn se sont struc­tu­rés autour de grandes agences cor­po­rate qui intègrent en leur sein les com­pé­tences que pour­raient appor­ter un agent ; enfin, l’ab­sence de cadre juri­dique pour la pro­fes­sion d’agent de desi­gner a été un frein à son développement. 

Une vraie valeur ajou­tée pour les desi­gners et agences de desi­gn indépendante ?

Pour un desi­gner, les deux prin­ci­pales dif­fi­cul­tés lorsque qu’il créée sa propre struc­ture sont la consti­tu­tion d’un réseau de clien­tèle et la ges­tion de sa socié­té. En effet, hor­mis l’ENS­CI, peu d’é­coles de desi­gn pro­posent les cours de mana­ge­ment qui per­met­traient aux futurs desi­gners d’ac­qué­rir les com­pé­tences néces­saires à la ges­tion d’une entreprise.

Ceci a d’ailleurs été sou­li­gné par Admi­rable Desi­gn dans l’ar­ticle du 29 mai 2006 « Desi­gner chômeur ? » 

En quoi l’agent per­met de répondre aux besoins du designer ?

Prin­ci­pa­le­ment sur deux points :

• au tra­vers de son rôle d’in­ter­mé­dia­tion dans la démarche com­mer­ciale : l’agent va avoir la charge de trou­ver à ses desi­gners des pro­jets. Pour ce faire, il met à leur dis­po­si­tion son réseau propre de contact, son image, ain­si que ses com­pé­tences en termes de démar­chage de nou­veaux clients. 

• En pre­nant en charge les fonc­tions sup­port : au delà du rôle d’ap­por­teur d’af­faire, il offre ses com­pé­tences admi­nis­tra­tives et mana­gé­riales au desi­gner. Rédac­tion des contrats, sui­vi des rela­tions clients (notam­ment le recou­vre­ment des paie­ments), conseil sur la ges­tion de l’a­gence, etc. En résu­mé, l’agent de desi­gner s’oc­cupe une grande par­tie des fonc­tions qui ne relèvent pas direc­te­ment du métier de créa­tif mais qui sont néan­moins néces­saires à la bonne marche de l’a­gence de desi­gn. Cela per­met au desi­gner de se concen­trer sur ce qui repré­sente sa valeur ajou­tée, la création. 

• Par ailleurs, à l’i­mage d’un mana­ger spor­tif, l’agent de desi­gner va appor­ter ses conseils en ges­tion de car­rière. Au début de la rela­tion, desi­gner et agent défi­nissent les objec­tifs de leur col­la­bo­ra­tion, et ce notam­ment en terme de car­rière. Du fait de son expé­rience, l’agent va être à même de gui­der son « pou­lain » dans le choix d’une stra­té­gie pour atteindre ses objectifs. 

… ain­si qu’à celui des commanditaires

Les béné­fices induits par les agents sur le mar­ché du desi­gn ne se limitent pas aux desi­gners. Les clients finaux peuvent eux aus­si en profiter. 

L’un des pro­blèmes du mar­ché du desi­gn à l’heure actuelle est sa grande ato­mi­ci­té. En 2002, l’AP­CI recen­sait 4500 à 4700 struc­tures four­nis­sant des pres­ta­tions dans le domaine du desi­gn en France. En bref, hor­mis les grandes agences cor­po­rate qui dis­posent d’une renom­mée forte sur leur mar­ché ou les desi­gners star comme Phi­lippe Starck ou Marc New­son, force est de consta­ter que dans l’en­semble, la pro­fes­sion reste rela­ti­ve­ment opaque. Dès lors, pour un com­man­di­taire, trou­ver le desi­gner qui cor­res­pon­dra a ses attentes est une démarche coû­teuse aus­si bien en temps qu’en argent.

L’agent a dans ce cadre un rôle de « clé d’ac­cès ». Le client se tourne vers lui afin de sélec­tion­ner un desi­gner, et l’agent sélec­tionne celui de ses de ses desi­gners cor­res­pon­dant le mieux à ses attentes. De ce fait, le client final réduit sin­gu­liè­re­ment les coûts affé­rents à la recherche d’un prestataire. 

Par ailleurs, en pas­sant par un agent, le com­man­di­taire s’as­sure aus­si de la pré­sence au sein de la rela­tion de quel­qu’un à même de conci­lier les deux mondes. Il y a suf­fi­sam­ment de cas d’in­com­pré­hen­sions entre un desi­gner et son client – les logiques aux­quelles ils répondent n’é­tant pas les mêmes – pour que l’in­té­rêt de la pré­sence d’un « tra­duc­teur » entre desi­gner et com­man­di­taire soit réelle.

NB : Nico­las Min­vielle ou le Groupe Desi­gn Conseil ne sont pas agents de Starck