Starck prend une poutre pour bûche…

Vous savez ce qu’est une bûche ? Vous croyez le savoir, car notre Phi­lippe natio­nal, va vous mettre vos idées au car­ré ! Oubliez tout !

Noël 2006, le noël à la bûche carrée…

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Avec cette bûche ori­gi­nale et très réus­sie, les desi­gners vont encore ali­men­ter leur répu­ta­tion de mettre en règles rigides tout ce qui est natu­rel et coule de source. Des anti-vie, en quelque sorte.

En effet, si on oublie le dis­cours pseu­do phi­lo­so­phi­co-mys­tique de Phi­lippe Starck au sujet de cette créa­tion de gâteau (« J’es­saye de tra­vailler dans l’es­sence des choses, dans la racine car­rée, dans le chiffre pre­mier », « j’es­saie de tra­vailler dans la poé­sie de l’é­vi­dence, dans le sur­réa­lisme du « c’est » …), digne d’un Dali du desi­gn, on observe quoi ? Un regard inno­vant sur un des­sert tra­di­tion­nel, non seule­ment dans sa forme, mais aus­si dans la tex­ture et le goût. Bra­vo ! On est pas­sé direc­te­ment d’un style cul-cul tra­di­tion­nel au style mathé­ma­ti­que­ment parfait.

Certes, les puristes auront beau jeu de dire qu’une bûche est tout sauf une « sec­tion de poutre », bien équar­rie et équer­rée, comme c’est le cas ici… Une bûche n’est qu’un mor­ceau de bois de chauf­fage, de gros­seur variable, dixit Le Robert. Et toute sa poé­sie réside en cela ; elle est… ce qu’elle est, au gré des formes végé­tales de la nature… Aucune ne se res­semble. On n’est sur­tout pas dans la vision nor­ma­li­sée du designer.

Mais peu nous importe. A 94 € le mor­ceau de poutre, cette « bûche » n’est pas des­ti­née au petit peuple qui se nour­rit de bon sens ter­rien, loin des sphères du desi­gn qui pré­tend pour­tant amé­lio­rer son sort.

Nul doute qu’elle trô­ne­ra sur les tables urbaines sophis­ti­quées :« vous repren­drez bien une tranche de poutre Loana-Christelle ?“

Et parions qu’elle va ins­pi­rer d’autres créa­teurs de bûches pour les pro­chains noëls.

Les inno­va­teurs ont au moins ce mérite, non ?