Design et jouissance

Louer un style de vie plu­tôt que de l’a­che­ter ? La for­mule peut paraître pro­vo­quante mais à y regar­der de plus près on constate que la consom­ma­tion d’au­jourd’­hui est déjà enga­gée sur cette voie.

Avec des consé­quences directes pour le design…

Nico­las Cho­mette, de B & G Desi­gn appelle le mar­ke­ting à prendre en compte les « jouisseurs » !

Ins­pi­ré par ce qui existe déjà outre-Atlan­tique, le site sacdeluxe.fr pro­pose de louer des sacs à mains grif­fés pour une période limi­tée moyen­nant un abon­ne­ment per­met­tant de béné­fi­cier de tarifs avan­ta­geux. De 20 euros pour deux semaines de loca­tion d’un petit sac Dior en tis­su à 130 euros pour deux semaines d’un cabas en cuir métal­li­sé d’Yves Saint Laurent…

Voi­là de quoi ravir toutes les fashio­nis­tas pour qui le sac est deve­nu, après les chaus­sures et les lunettes, un acces­soire essentiel.

Voi­là aus­si qui vient sug­gé­rer de nou­veaux rap­ports à l’ob­jet et, de façon plus géné­rale, à la consom­ma­tion. Long­temps syno­nyme de pos­ses­sion et d’ac­cu­mu­la­tion, la consom­ma­tion pri­vi­lé­gie aujourd’­hui la jouis­sance immé­diate et l’ex­pres­sion personnelle.

Les moti­va­tions de vie prennent le pas sur les pers­pec­tives patri­mo­niales. Faut-il donc tou­jours, dans ce nou­veau contexte, conti­nuer à pos­sé­der ce qui nous per­met de mieux pro­fi­ter de la vie ? Alors que les sys­tèmes de loca­tions par­ta­gés de voi­tures se déve­loppent dans les grandes villes, pour­quoi ne pas appli­quer ces mêmes prin­cipes à d’autres uni­vers comme la mode, l’a­meu­ble­ment ou la déco­ra­tion ? Uni­vers d’au­tant plus légi­times pour cette logique qu’ils sont sou­mis à l’é­phé­mère et qu’ils ont su géné­rer, cha­cun, un deuxième mar­ché, désor­mais recher­ché : celui du « vintage ».

Depuis tou­jours, le mar­ke­ting prend soin de dif­fé­ren­cier les ache­teurs des consom­ma­teurs, il est aujourd’­hui temps pour lui de prendre en compte les jouisseurs.