Pme : le design ? Connais pas !

On dit les Pme/Pmi fran­çaises moins com­pé­ti­tives que leurs consœurs euro­péennes dans de nom­breux domaines. Faut-il y voir une sous-uti­li­sa­tion des pro­fes­sion­nels du desi­gn indus­triel qui donnent nais­sance à tant de « pro­duits d’in­gé­nieurs » intel­li­gents mais si peu attractifs ?

Oli­vier Fre­noy, desi­gner indus­triel, a sa petite idée sur le sujet…

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Deux Pme/pmi françaises sur trois, n’ont jamais fait appel au design ! 

Ce chiffre est le résul­tat d’une récente enquête qui fait l’é­tat de notre
pro­fes­sion. Cette réa­li­té est typi­que­ment fran­çaise, reflet d’une culture
d’in­gé­nieur où la créa­ti­vi­té indus­trielle se suf­fit à elle-même pour
conce­voir des pro­duits très sou­vent inno­vants mais commercialisés
sous des aspects neutres et non sédui­sants. Dif­fé­rentes raisons
peuvent expli­quer cet état de fait :

“Plus jamais !”. Sou­ve­nir d’une expé­rience mal­heu­reuse avec un
desi­gner non com­pé­tent. – Notre lon­gé­vi­té et la qua­li­fi­ca­tion OPQDI
obte­nue en 1996 valident notre savoir faire.

“On gère tout en interne”. La peur d’ap­pe­ler quel­qu’un de l’extérieur
est for­te­ment ancrée dans l’en­tre­prise. – A cha­cun sa com­pé­tence, un
bureau d’é­tudes n’a pas le pro­fil pour faire du desi­gn. Expérience
sou­vent consta­tée avec perte de temps et inter­ven­tion avale pour
sau­ver le pro­duit en cours de développement.
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“C’est cher, et ce n’est pas pour nous.

Phrase récur­rente où la notion
de bud­get devient le leit­mo­tiv pour clore le débat. Pour­tant nous savons nous
adap­ter au besoin de l’en­tre­prise pour pro­po­ser des prestations
adap­tées et des études au juste prix. Des aides (FRAC, ANVAR…)
per­mettent de finan­cer jus­qu’à 50 % de nos interventions.
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“C’est un besoin pas si néces­saire que cela, mais j’y pense.”

L’é­vo­lu­tion des men­ta­li­tés, l’exi­gence accrue des consom­ma­teurs et
la concur­rence achar­née, sont de nou­veaux fac­teurs qui engendrent
une modi­fi­ca­tion de per­cep­tion pour enfin inté­grer le desi­gn industriel
à sa juste valeur.

Aujourd’­hui, une entre­prise qui n’in­nove pas dis­pa­raît. Mais, si
elle innove sans inté­grer le desi­gn dans la concep­tion de son produit,
elle pro­pose un bien tech­no­lo­gique sans émer­gence visible, qui sera
balayé par la concur­rence. Faire appel aujourd’­hui au desi­gn industriel
ne doit pu être consi­dé­ré comme un “mal néces­saire”, mais être
per­çu comme une véri­table oppor­tu­ni­té pour don­ner un sens, une
signa­ture et une réa­li­té à un pro­duit qui fera la force de l’entreprise.
Ce que nous appor­tons n’est plus ano­din, mais incontournable,
néces­saire et reconnu…