Apprendre les effets spéciaux en ligne…

L’histoire des effets spéciaux principalement au cinéma s’écrit avec d’une part l’évolution des techniques de création de visuels et d’autre part, la croyance des spectateurs à la vraisemblance des images présentées.

Laurent Bertran de Balanda est le directeur pédagogique de l’école e‑tribArt qui s’est spécialisée dans l’apprentissage en ligne de ces techniques. Il fait le point pour Admirable Design…

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L’enseignement en ligne des effets spéciaux avec les nouveaux outils numériques : La Motion Capture … à distance.

Sur les trente dernières années, le développement des techniques a modifié totalement l’approche que nous pouvons avoir d’un processus de création d’effets spéciaux. 

Cette évolution est passée de simple rajout d’effets synthétiques dans des images réelles à une vraie création articulée autour de toute une palette d’outils d’écriture synthétique. La série des films Star Wars est un excellent exemple de l’évolution de ces effets spéciaux. Dans ces films, toutes les techniques ont été utilisées, de la maquette avec motion control à la réalisation de personnages totalement synthétiques. 

En parcourant l’ensemble des réalisations cinématographiques, nous pouvons assez simplement diviser l’utilisation des effets spéciaux et plus largement des images synthétiques en deux catégories.

Dans la première catégorie de réalisateurs ancrés dans une certaine réalité, les effets spéciaux servent à venir embellir et enrichir une image réelle qui apparaît pour certains assez fade ou au moins ne reflétant pas les impressions visuelles recherchées. Pour cela, les effets spéciaux et particulièrement l’incrustation d’éléments synthétiques 3D se font à l’intérieur d’une image construite à partir d’une réalité filmée.
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Les exemples de films ne manquent pas ou les arrières plans d’une scène sont changés modifiant ainsi l’ambiance générale. De même, les spots publicitaires regorgent d’effets spéciaux permettant de créer l’ambiance porteuse de sens pour le produit ciblé.

Dans la deuxième catégorie, les réalisateurs pensent le processus de création cinématographique en donnant une part aussi importante aux effets spéciaux et à l’image synthétique en générale qu’à la partie visuelle venant de la réalité filmée. 

Dans cette perspective créative, le film « 300 » est un excellent exemple. Zack Snyder, le réalisateur a pensé chaque plan comme une construction visuelle s’apparentant plus à la peinture qu’au cinéma. Bien entendu, le fait que le film soit tiré d’une bande dessinée, celle de Franck Miller a donné de manière plus naturelle la naissance à un cinéma pictural.
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Toutefois nous voyons que le réalisateur a d’abord pensé la construction picturale et ensuite à défini les parties exprimées par la réalité et les parties construites en synthétique. Au final, le résultat est une œuvre baroque, ou tous les plans sont pensés comme des tableaux. Dans le même processus créatif, nous pouvons citer le film « Capitaine Sky et le monde de demain » ou toute l’œuvre tient dans la reconstitution d’un univers picturale animé.

L’évolution des techniques permet donc aujourd’hui à des réalisateurs de s’exprimer pleinement dans leur création d’images, moins bridés par la réalité.

Du coté de l’enseignement, les nouveaux moyens de communication mis en œuvre avec le support de développement d’outils de type « web 2.0 » permettent de diffuser de la formation sans pour autant se retrouver dans un même lieu.

e‑tribArt utilise les nouveaux moyens de communication, comme les cours synchrones en visio sur serveur partagé, qui permet à tous les étudiants de pouvoir suivre, revoir, commenter et annoter les cours réalisés. Cette ensemble de données pédagogiques est mis dans un système de gestion d’informations qui permet à l’étudiant d’avoir toujours une vue synthétique des savoirs acquis.
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D’autre part, l’enseignement des effets spéciaux peut se faire en multi-sites délocalisés : e‑tribArt a mis au point un atelier pédagogique de Motion Capture avec notre partenaire Animazoo : à partir de leur studio de Londres, nous allons pouvoir « streamer » en temps réel les données de la Motion Capture du système IGS-190M, combinaison à capteurs. Les apprenants en visioconférence vont pouvoir voir le plateau du studio, pouvoir choisir d’enregistrer avec l’acteur et sa combinaison telles séries de mouvement et recevoir ensuite les données traitées en direct. Ils pourront ensuite immédiatement l’intégrer dans un logiciel comme MotionBuilder pour vérifier si les mouvements sont cohérents avec leur modèle 3D et demander éventuellement de nouveaux mouvements modifiés.

Bien sur la technique n’est rien sans une bonne connaissance esthétique et d’analyse de l’image. L’apprentissage des effets spéciaux passe donc par une analyse précise des images. L’avantage de l’enseignement en ligne est qu’il se trouve au centre d’une fantastique bibliothèque Internet dans laquelle les étudiants peuvent nourrir leurs savoirs agencés de manière cohérente grâce aux LTP, outils pédagogiques innovants.
Ces LTP, logiciels tuteurs personnalisés permettent de présenter de manière intelligible des savoirs répandus à travers tout le réseau Internet.
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En parallèle à cela, Ces LTP gèrent aussi les travaux d’apprentissage des étudiants, principalement en confrontant les différentes solutions techniques pour un même visuel recherché. Ces outils entraînent alors de la part des étudiants un travail de réflexion sur l’équilibre entre technique, esthétique et vraisemblance dans la réalisation du visuel des effets spéciaux.