Barack Obama est-il une marque ?

Cyril Gaillard un spé­cia­liste de recherche de marques (Béné­fik), s’in­ter­roge sur la per­ti­nence des résul­tats d’un son­dage amé­ri­cain qui place Barack Oba­ma avant Apple, en tant que meilleur mar­ke­teur des Usa…

N’y a‑t-il pas glis­se­ment de sens, voire confu­sion des genres ?

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Les hommes politiques sont-ils des marques ?

Il est très ten­dance ces der­niers temps de dire que les poli­tiques, hommes et femmes confon­dus, sont des marques comme les autres. Mais c’est là un tra­vers de nos socié­tés actuelles que de tout ana­ly­ser par le prisme du com­merce, de l’é­co­no­mie et du mar­ke­ting. Le glis­se­ment n’est pas nou­veau, on parle depuis long­temps de  » Capi­tal sym­pa­thie « , de  » Capi­tal confiance « , de  » Capi­tal soleil « . 

Le fait que les poli­tiques uti­lisent les mêmes méthodes que les marques pour se faire connaître n’im­pliquent en rien qu’ils et elles sont des marques. C’est le retour des sophistes et leurs syl­lo­gismes far­fe­lus :  » Les hommes ont des yeux, les chiens ont des yeux donc les hommes sont des chiens « . Quelques points com­muns ne suf­fisent pas à être iden­tiques. On confond la répu­ta­tion d’un indi­vi­du et l’i­mage de marque. Que les poli­tiques se servent des mêmes armes ne signi­fie en rien qu’ils sont des marques. A force de sans cesse appli­quer le mar­ke­ting à l’hu­main on finit par l’i­den­ti­fier à un simple produit.

Un concours récent aux Etats-Unis a dési­gné Oba­ma meilleur Mar­ke­teur de l’an­née :  » Les six fina­listes avaient été choi­sis par l’é­quipe du maga­zine. Barack Oba­ma a récol­té 36,1 % des votes, Apple 27,3 %, Zap­pos 14,1 %, Nike 9,4 % et Coors 8,7 %. Enfin, John McCain, rival répu­bli­cain d’O­ba­ma pour la pré­si­dence, a récol­té 4,5 % des votes. (source www2.infopresse.com). Voi­là un exemple d’une confu­sion à grande échelle. Mesu­rer la popu­la­ri­té d’un can­di­dat à une élec­tion pro­mus à grand ren­fort de stra­té­gie d’i­mage n’im­plique pas qu’il soit une marque. Parce qu’a­lors que pen­ser de la marque Tsu­na­mi ? 11 sep­tembre ? lor­qu’en mesure d’im­pact média­tique, elles dépassent la plu­part des marques mondiales ?

On vote pour des idées, pour un cou­rant, pour un indi­vi­du, on n’a­chète pas un pro­duit. Il ne faut tout de même pas tout confondre. C’est d’au­tant plus dan­ge­reux qu’à force d’ac­cep­ter cette idée simple, on accep­te­ra bien­tôt, si ce n’est pas déjà fait, que tout est pos­sible, que plus rien n’a de sens, que tout se vaut. Et alors on ver­ra appa­raître de ci de là des régimes par­ti­cu­liers sans autres ambi­tions que de satis­faire leurs électeurs/consommateurs…et des dis­cours popu­listes qui van­te­ront les mérites de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, retour vers le futur..