Design dans la ville…

Quelle est la place du desi­gn dans la ville ?

Les ini­tia­tives sont nom­breuses aujourd’­hui dans ce domaine.
Yvan Tey­paz s’in­ter­roge sur ce sujet. Le temps de faire le point sur l’é­vo­lu­tion de la ville face au design…

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Du design dans la ville

Le desi­gn semble être uni­que­ment dédié à l’in­dus­trie (sans laquelle, point d’es­thé­tique indus­trielle, conve­nons-en). Mais si nous admet­tons une défi­ni­tion de cette dis­ci­pline comme une démarche de créa­tion des outils du quo­ti­dien, nous remon­tons à la taille des silex [Joce­lyn de NOBLET, 1988 : Desi­gn : le geste et le com­pas. Paris, Somo­gy. Page 21.] et nous pou­vons envi­sa­ger une inter­ven­tion glo­bale dans l’espace.

Le thème est à la mode, en témoignent les récents articles sur AD (Nico­las Min­vielle sur les lieux d’ac­cueil : Le-desi­gn-des-espaces, Phi­lippe Laniepce sur JC.Decaux : Com­ment-Jc-Decaux-trans­forme-les desi­gns en business‑, Jean-Jacques Evrard sur l’i­den­ti­té des villes par l’ar­chi­tec­ture, et de fait, le « desi­gner urbain » est une race qui semble se développer.

Le desi­gn s’est ins­tal­lé dans les villes en deux temps. Tout d’a­bord, dans les années 1980, la créa­tion à‑tout-va s’est trou­vé un nou­veau mar­ché inté­res­sant que celui des col­lec­ti­vi­tés. Les indus­triels fai­saient appel aux créa­teurs (archi­tectes, publi­ci­taires, desi­gners) pour des­si­ner les gammes d’é­clai­rages publics, de bancs ou d’a­bris-bus. Et les villes ne se pri­vèrent pas non plus de cette nou­velle mode, appuyée par l’E­tat (avec la créa­tion offi­cielle de l’ENS­CI par exemple), et don­nant une nou­velle image dyna­mique de la cité.
Les concep­teurs des espaces de l’é­poque recon­naissent eux-mêmes être allés trop loin sou­vent, le domaine était nou­veau, les limites se cherchaient.

Le second temps, que nous vivons depuis quelques années, suit les influences du desi­gn mana­ge­ment qui est la nou­velle valeur phare des éta­blis­se­ments d’en­sei­gne­ment. Il s’a­git d’une concep­tion rai­son­née, sou­vent sur des argu­ments de déve­lop­pe­ment éco­no­mique, et par­fois sur une recherche d’i­den­ti­té forte. L’i­den­ti­té pro­duit appli­quée au territoire !
La créa­tion s’o­blige à deve­nir sen­sée là où elle n’é­tait qu’au mieux sensible.

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Sché­ma réca­pi­tu­la­tif de la per­cep­tion du desi­gn chez le consom­ma­teur : Bri­gitte BORJA de MOZOTA, 2002 : Desi­gn mana­ge­ment. Paris, d’Organisations. Page 111 (adap­té de Peter BLOCH, 1995 : See­king the ideal form : Pro­duct Desi­gn and Consu­mer Res­ponse in Jour­nal of Mar­ke­ting volume 59, juillet).

Admet­tons que le desi­gn puisse avoir une uti­li­té, une vraie uti­li­té, pas juste une opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion, mais une amé­lio­ra­tion du quo­ti­dien des usa­gers. Peut-on ima­gi­ner de trans­plan­ter aux col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales les outils et méthodes du monde industriel ?
Si c’est le cas, à quand un gene­ral desi­gn mana­ger ou un direc­teur artis­tique pour les villes ?

La Ville par Laurence Caron