Designer en Asie ?

Diplô­mé de l’Ecole de Desi­gn de Nantes en 2001, Fabien Gré­goire, qui vit depuis bien­tôt 10 ans au Japon, est désor­mais Direc­teur de Ken­wood Desi­gn Corporation. 

Com­ment vit-on le desi­gn en Asie ? Quelle place pour un desi­gner français ?

Fabien répond…

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Cela fait plu­sieurs années que vous êtes ins­tal­lé au Japon, pou­vez-vous nous dire quelle est la place du desi­gner dans la socié­té asiatique ?

Fabien Gré­goire :
L’Asie est pro­ba­ble­ment la plus grande source d’opportunité en desi­gn dans le monde, tous sec­teurs d’activité confon­dus. L’initiative de L’École de desi­gn d’ouvrir d’autres écoles en Asie était véri­ta­ble­ment pré­cur­seur à l’époque. Beau­coup d’entreprises euro­péennes loca­lisent désor­mais direc­te­ment leurs ser­vices en Asie, puisqu’elles conçoivent et pro­duisent déjà sur place, en inté­grant de plus en plus de desi­gners et cher­cheurs ; les mar­chés asia­tiques étant deve­nus une prio­ri­té de sur­vie pour bon nombre de ces socié­tés. Cer­tains mar­chés sont si com­plexes qu’il est impos­sible d’en com­prendre les spé­ci­fi­ci­tés de l’extérieur. Com­ment faire alors ? Le desi­gner a ici sa carte à jouer. De par sa posi­tion dans l’entreprise, le desi­gn est l’interface idéale pour com­prendre les ten­dances du mar­ché, les uti­li­sa­teurs, la stra­té­gie et la pro­duc­tion. Le desi­gner est à la base un créa­teur et un entre­pre­neur. C’est exac­te­ment la même logique qui pré­vaut pour les Chi­nois ou les Indiens, comme pour les Japo­nais : créer, inven­ter, inno­ver, anti­ci­per, pro­duire, etc. Le “Made in” ne veut plus rien dire, tant le niveau de qua­li­té des pays émer­gents va crois­sant. Ce sont ceux qui dirigent le pro­ces­sus de fabri­ca­tion qui font le pro­duit et qui poussent l’entreprise à être inno­vante. Qu’importe la géo­gra­phie, les modèles changent. L’ancienne géné­ra­tion des desi­gners, spé­cia­listes et exé­cu­tants confir­més, fait place à une nou­velle géné­ra­tion aux com­pé­tences mul­tiples. Dotée d’une culture inter­na­tio­nale, elle est à même d’intégrer et influen­cer l’entreprise via dif­fé­rents ser­vices comme la recherche ou déve­lop­pe­ment de pro­duit, voire de créer de nou­veau ser­vice dédiés à l’innovation. Vu l’intérêt des jeunes géné­ra­tions pour le desi­gn en Asie, je ne peux que me réjouir des évo­lu­tions à venir et de la juste recon­si­dé­ra­tion du métier en entreprise.

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Pour­quoi avoir choi­si une car­rière de desi­gner à l’international ?

Fabien Gré­goire :
J’ai eu la très belle oppor­tu­ni­té de faire mon stage de fin d’études en Ita­lie et de com­men­cer à tra­vailler en free­lance avec des clients étran­gers. Au terme de ma sco­la­ri­té, j’avais besoin d’une confron­ta­tion et d’un point de vue exté­rieur pour savoir si « desi­gner » serait bel et bien mon futur métier. Fort de cette expé­rience, je m’étais don­né alors l’objectif de com­men­cer ma car­rière à l’étranger, de voir du pays et com­men­cer par apprendre des autres cultures. Après plu­sieurs can­di­da­tures spon­ta­nées, j’ai dû faire un choix entre l’Angleterre, l’Allemagne et le Japon. Connais­sant déjà bien les deux pre­miers pays, je ne pou­vais refu­ser une oppor­tu­ni­té à Tokyo. Il y a cer­taines choses que l’on doit accom­plir dans sa vie, visi­ter le Japon pour moi en était une. Le reste, c’est un choix et une volon­té de s’ouvrir sur le monde et les autres. Les embûches et les incom­pré­hen­sions sont aus­si nom­breuses que les oppor­tu­ni­tés de car­rière peuvent être rapides.

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Lire l’ar­ticle com­plet sur le site de l’E­cole de Desi­gn : http://www.lecolededesign.com/fr/actualites/bdd/actualite/1430/titre/