La tendance du… super-homme !

Jolan­ta Bak fon­da­trice du cabi­net Intui­tion détaille pour Admi­rable une ten­dance forte et mon­diale : celle du super-homme qui se retrouve dans la vie quo­ti­dienne, dans la com­mu­ni­ca­tion et dans le design.
En quelque sorte c’est votre portrait !
Après la super-woman, objet du pre­mier article pour­sui­vons l’é­tude de nos com­por­te­ments en com­pa­gnie de Jolanta. 

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L’HOMME SUPER-HÉROS

Dans ses rêves de science-fic­tion les plus fous l’homme l’avait ima­gi­né, c’est aujourd’hui chose faite : l’homme et le robot se rap­prochent, la fusion homme-machine est en marche.
D’un côté l’homme se « robo­tise ». Mul­ti-connec­té, une inter­face d’ordinateur l’accompagne par­tout, il com­mande de plus en plus les objets tech­no­lo­giques par les sens (tac­tile, com­mande vocale), des pro­thèses en tout genre gué­rissent ses infir­mi­tés, l’aident au quo­ti­dien et peuvent amé­lio­rer son aspect phy­sique. De l’autre côté, les robots s’humanisent, inté­grant sen­sa­tion et intel­li­gence humaine. Ils peuplent de plus en plus les usines et assistent l’homme dans son quotidien. 

Cette ten­dance trouve ses racines dans les dési­rs de per­for­mance et de per­fec­tion de l’homme, dans sa volon­té d’augmenter ses capa­ci­tés phy­siques et men­tales et dans ses besoins d’aide phy­sique. Elle entraîne un empo­werment (sur­ca­pa­ci­ta­tion) de l’homme qui date de l’avènement et de la démo­cra­ti­sa­tion d’Internet et de l’ère du numérique.
Para­doxa­le­ment, l’homme sur­puis­sant est aus­si deve­nu immen­sé­ment fra­gile, confron­té à toutes sortes de déré­gu­la­tions cli­ma­tiques, éco­no­miques, poli­tiques, sani­taires et éthiques.
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De cette ten­dance émane un cer­tain nombre de valeurs et de motivations :
• Les dési­rs de per­for­mance et de per­fec­tion de l’homme sont de plus en plus impor­tants. Son refus de la fata­li­té le pousse au desi­gn humain, à l’amélioration et à la répa­ra­tion de lui-même et de sa pro­gé­ni­ture (han­di­cap, transgenre…).
• Le désir arché­ty­pal de puis­sance de l’homme devient atteignable.
• Les popu­la­tions vieillis­santes, les per­sonnes han­di­ca­pées ou les gens seuls ont besoin d’assistance phy­sique, ce qui favo­rise l’essor des robots, y com­pris pour les acti­vi­tés domes­tiques voire d’accompagnement émo­tion­nel ou sexuel.
• Le tra­vail humain est en muta­tion : face à un recours accru du robot-sour­cing dans l’industrie, on assiste à un dépla­ce­ment du tra­vail humain vers les métiers de concep­tion, mana­ge­ment, ou encore création.
• Le tra­vail arti­sa­nal et l’intervention de l’humain, qui se feront plus rares, gagne­ront en valeur.
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On retrouve cette ten­dance dans des actions quotidiennes : 
• Le tra­vail : l’industrie a déjà recours mas­si­ve­ment au robot-sour­cing dans un sou­ci de pro­duc­ti­vi­té et de ren­ta­bi­li­té. La robo­ti­sa­tion du tra­vail touche éga­le­ment de plus en plus les tâches intellectuelles.
• Les super-héros : ils ont enva­hi la culture mains­tream, l’homme rêvant inti­me­ment de leur ressembler.
• L’esthétique, la san­té et l’apparence : l’anti-aging est dépas­sé, on constate aujourd’hui l’avènement du reverse-aging (tra­vail sur les cel­lules souches en vue de cor­ri­ger les phé­no­mènes de dégra­da­tion biologique).
• La géné­tique : le desi­gn humain inter­vient sur le génome pour choi­sir les carac­té­ris­tiques phy­siques et intel­lec­tuelles avant la nais­sance (HET : Human Enhan­ce­ment Technologies).
• Le domaine des pro­thèses : des pro­thèses expé­ri­men­tales sont conçues pour être com­man­dées par la pen­sée. Des Body-hackers essaient même de faire corps avec la machine en se fai­sant implan­ter puces, camé­ras ou cap­teurs sen­so­riels pour expé­ri­men­ter la réa­li­té augmentée.
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Toutes les géné­ra­tions vivantes aujourd’hui ont vu leurs capa­ci­tés aug­men­ter par le biais de la domes­tique, des écrans et des tech­no­lo­gies. La Géné­ra­tion Z, aujourd’hui âgée entre 18 et 25 ans, est par­ti­cu­liè­re­ment concer­née par cette ten­dance. Impa­tiente et férue d’instantanéité, elle est née dans cet uni­vers digi­tal, avec une psy­ché for­ma­tée par le monde numé­rique et entre­tient un rap­port émo­tion­nel voir ani­miste aux objets, à com­men­cer par le smart­phone, son objet totémique. 

Cette ten­dance sou­lève un cer­tain nombre d’implications pour les marques et les entre­prises en terme de leviers d’innovation : com­ment répondre à l’impatience d’un consom­ma­teur qui veut tout « en un clic » ? Qu’est-ce qu’une marque de/pour super-héros ? Avec l’accessoirisation et la tech­no­lo­gi­sa­tion des pro­duits de tous les jours, quelles inno­va­tions pro­duits-ser­vices pour demain ? Com­ment fidé­li­ser un consom­ma­teur hyper-connec­té et donc sur-sol­li­ci­té ? Le phé­no­mène de sho­wroo­ming va-t-il entraî­ner la fin des maga­sins tra­di­tion­nels ? Demain, le vrai luxe sera dans les pro­duits et ser­vices res­tés très humains, sans aucune auto­ma­ti­sa­tion ni robo­ti­sa­tion ; les marques devront-elles ren­for­cer leur ser­vice humain et leur rela­tion client humaine ? Quelle sera la place de l’homme et celle du robot dans le modèle éco­no­mique et socié­tal de demain ? A terme, assis­te­rons-nous à une fusion entre l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle ?
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