Le design déjanté ?

Voi­ci des desi­gners qui rai­sonnent « à côté », en marge… Leurs créa­tions sont faites pour sur­prendre, dérou­ter et donc atti­rer l’at­ten­tion (d’ailleurs s’ap­pe­ler « la Tête au Cube », c’est déjà un indice de folie, non ?).
Un par­cours hors cadre donc… mais n’est-ce pas la meilleure façon de tou­cher un public blasé ?

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Jérôme Fisch­bach et Estelle Fou­cher créa­tifs et ani­ma­teurs de l’agence

Gérard Caron : Vous avez com­men­cé par le desi­gn pro­duit pour aller main­te­nant vers la stra­té­gie de marque par le design…

Quelle est la recette ?

Nous nous sommes ins­pi­rés de l’expérience pro­duit pour rendre effi­cace une stra­té­gie de desi­gn de marque par le « desi­gn émotionnel ».
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Des soli­flores en forme de tanks…
GC : Ce qui veut dire ?

de mettre notre sen­si­bi­li­té que l’on peut qua­li­fier d’af­fec­tive, celle qui est à l’origine de la Tête au Cube mais que nous uti­li­sions pour le desi­gn produit.
Racon­ter des his­toires autour d’un objet pour apprendre à en ima­gi­ner d’autres pour une marque à par­tir de qui la rend légi­time, on dit aujourd’­hui son ADN ! !
Se conten­ter de déve­lop­per une marque par le « simple desi­gn » n’est plus suffisant.
Il est néces­saire de prendre en consi­dé­ra­tion la sen­si­bi­li­té du public et de racon­ter des his­toires qui le touchent.
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Inat­ten­du chez Christofle !
GC : Com­ment procédez-vous ?
Géné­ra­le­ment, plu­sieurs étapes sont néces­saires avant de tou­cher le’u­ti­li­sa­teur final : la créa­tion passe sou­vent par les mains du chef de pro­duit avant d’être pré­sen­té à un chef de groupe, étu­dié par un direc­teur marketing,avant de redes­cendre au com­mer­cial, pour être enfin pro­po­sé au client. 

Or ce qui est impor­tant c’est de créer au départ des pro­duits qui racontent une his­toire. D’être dans le desi­gn émo­tion­nel adap­té à la véri­té de la marque afin de leur ima­gi­ner de nou­veaux liens avec le client. C’est une sen­si­bi­li­té indispensable.
Ce pro­ces­sus de créa­tion, très propre au desi­gn pro­duit, peut s’ap­pli­quer au desi­gn de marque.
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À par­tir de ces his­toires nous créons des objets et des réponses à toutes les moments et lieux d’ex­pres­sion : buzz, digi­tal, mer­chan­di­sing, street mar­ke­ting, hap­pe­ning artis­tique ; en somme, tous les sup­ports de com­mu­ni­ca­tion qui peuvent ser­vir la marque, à l’exception de la publicité.
Être ultra créa­tif et bien struc­tu­ré est la recette indispensable.
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Des vases en cou­leurs flous
GC : Cela néces­site de bien connaître les cir­cuits de production…

Lorsqu’on tra­vaille pour une marque effec­ti­ve­ment on se doit d’intégrer les contraintes de réa­li­sa­tion et de pro­duc­tion en amont du projet.
Mais n’est pas le fon­de­ment même du desi­gn pro­duit d’où nous sommes issus ? Rien ne sert d’imaginer si l’on ne sait pas pro­duire ; qu’il s’agisse d’un objet ven­du dans une seule bou­tique ou à des mil­lions d’exemplaires !
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