Kill Bill design

Admi­rable Desi­gn ne fait pas dans la cri­tique de films, ceci est une exception.
Kill Bill, le der­nier long métrage de Quen­tin Taran­ti­no (on lui doit le fameux Pulp Fic­tion) mérite le détour …pour un desi­gner. Pour quelles raisons ?

Pour ses choix esthé­tiques en par­ti­cu­lier par l’u­ti­li­sa­tion de l’é­cran ‑mul­ti images, man­ga, cou­leurs et noir et blanc – et par la volon­té esthé­ti­sante omni­pré­sente qui en fait un film-desi­gn, si cela avait un sens ! On mixe les tech­niques pour le meilleur.

Pour la bande son qui conjugue une for­mi­dable inter­pré­ta­tion de 1956 de « bang ! bang ! » par Nan­cy Sina­tra – immor­ta­li­sé chez nous par Shei­la ! – et de musiques ori­gi­nales élec­tro­niques et eth­niques  : on mixe les styles sonores sans complexe.

Pour le choix des héros qui repré­sentent les trois super­puis­sances à la mode : Usa bien sûr, Japon et …Chine. Men­tions par­ti­cu­lières à Urma Thur­man et Son­ny Chi­ba. Ce qui est inté­res­sant pour nos pro­fes­sions, c’est de consta­ter que cha­cun garde sa culture qui coha­bite et agit avec celle des autres en toute com­plé­men­ta­ri­té ; ce qui n’est géné­ra­le­ment pas le cas dans les films amé­ri­cains où l’on brasse le tout pour un résul­tat à l’i­den­ti­té médiocre. On mixe les nationalités…mais on les préserve.

Pour l’al­ler-retour inces­sant et presque invi­sible entre la moder­ni­té et la tra­di­tion. On tue avec un sabre tra­di­tion­nel japo­nais du meilleur acier dans une com­bi­nai­son en vinyle. On mixe les périodes pour mieux vous perdre.

En regar­dant ce film dans une des pre­mières pro­jec­tions à San Fran­cis­co, curieu­se­ment j’ai été pro­je­té dans le cli­mat de mon métier où l’on jongle avec le temps, les cultures, les styles pour ima­gi­ner des pro­duits homo­gènes et dans l’air du temps.

Tout comme ce film que vous pour­rez voir bien­tôt en France. Bon film ? Sans aucun doute, même si l’on peut regret­ter une incroyable scène trop longue, où Urma Thur­man affronte vic­to­rieu­se­ment une tren­taine de yaku­zis à la fois … Le syn­drome de Matrix a encore frappé.
Mais tout ceci est regar­der avec l’âme fraîche d’un designer !