Les designers du 21e siècle

Quel sera la place des desi­gners dans la vie éco­no­mique au 21è siècle ? Certes nous y sommes déjà, mais le meilleur est à venir pour nos pro­fes­sions. À condi­tion que le desi­gner lui-même change son état d’es­prit… et sa formation.
Là l’é­cole de desi­gn à un rôle et une res­pon­sa­bi­li­té qui est de le suivre durant toute sa carrière ! !
Écou­tez Chris­tian Guel­le­rin, brillant boss de l’É­cole de Desi­gn (entre autre*), il sait de quoi il parle. Et il s’a­git de notre ave­nir immédiat… 

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Les écoles de design forment les dirigeants du 21e siècle 

Parce que le desi­gn et l’innovation sont deve­nus stra­té­giques, les écoles de desi­gn ont la res­pon­sa­bi­li­té de for­mer les diri­geants de demain.

L’é­cole et l’emploi
La res­pon­sa­bi­li­té des écoles de desi­gn est doré­na­vant enga­gée dans le pla­ce­ment et la qua­li­té des emplois trou­vés par leurs diplô­més. Elle le sera demain par leur évo­lu­tion de car­rière. Il ne suf­fit plus d’avoir des étu­diants créa­tifs dont on aurait loué la qua­li­té du pro­jet de diplôme pour prou­ver la qua­li­té d’un éta­blis­se­ment. Il s’agit de mesu­rer la qua­li­té des emplois trou­vés à l’issue de la for­ma­tion. Si d’aventure les diplô­més, et au delà de leur talent, n’é­taient pas aptes à exer­cer la pro­fes­sion de desi­gner, alors l’école aurait irré­mé­dia­ble­ment failli. De même, elle aurait failli si la for­ma­tion ne per­met­tait pas de faire car­rière et de gra­vir les éche­lons des struc­tures qui les emploient. Si le desi­gn est stra­té­gique alors les desi­gners doivent occu­per à terme les posi­tions stratégiques.
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L’objectif de pro­fes­sion­na­li­sa­tion des for­ma­tions a conduit à s’interroger sur les métiers du desi­gn et notam­ment leur évo­lu­tion. De nou­velles res­pon­sa­bi­li­tés sont confiées au desi­gner : celles de par­ta­ger les idées, de tra­vailler avec les autres, d’animer des séances d’échanges, mais aus­si de ras­sem­bler, de fédé­rer et de faire adhé­rer l’ensemble des per­sonnes impli­quées dans les pro­jets. Le desi­gn est deve­nu dis­ci­pline de mana­ge­ment et le desi­gner, ce lea­der remar­quable dont on attend qu’il conduise le changement.
Les 19e et 20e siècles ont vu la pré­émi­nence des ingé­nieurs puis du mar­ke­ting et de la finance pour conduire les entre­prises. Il se pour­rait que le 21e siècle soit celui des desi­gners, au moment où il s’agit de modi­fier les règles d’organisation des struc­tures pour libé­rer la créa­ti­vi­té et inven­ter des orga­ni­sa­tions propres à s’adapter sans cesse.
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Mais, le 21e siècle sera celui des desi­gners, s’ils sont prêts par ailleurs à assu­mer de nou­velles res­pon­sa­bi­li­tés, et notam­ment ce « lea­der­ship » d’équipes trans­dis­ci­pli­naires dont l’objectif sera d’imaginer et de créer ce que sera demain.
Il le sera si les desi­gners ne se contentent pas d’avoir des idées pour les lais­ser déve­lop­per par d’autres mais deviennent « entre­pre­neurs » de celles-ci. Ce n’est pas tant de « desi­gn thin­kers » dont le monde a besoin, mais plu­tôt de « desi­gn doers », des bâtis­seurs de demain conscients de leur res­pon­sa­bi­li­té à entreprendre.
« La pierre n’a point d’espoir d’être autre chose que pierre, mais de col­la­bo­rer elle s’assemble et devient temple » dit le poète…
Chris­tian GUELLERIN

*Direc­teur Géné­ral de L’É­cole de desi­gn Nantes Atlantique
Pré­sident Hono­raire de Cumulus
Pré­sident de France Desi­gn Education