Et si les USA répondaient à la violence par le blues ?

Jean-Jacques Evrard,de d/g* brus­sels – des­grippes gobé group, et Brice Auckenthaler,d’eXperts, conseil en inno­va­tion vous ont concoc­té ce papier brillant sur …la sym­bo­lique du bleu et ses rela­tions avec les marques.

A retrou­ver dans leur bou­quin What if ?

diapositive2w.jpg« La terre est bleue comme une orange » disait Paul Eluard, le poète.

D’une étude il res­sort que le bleu (et le vert) est la cou­leur pré­fé­rée des assu­reurs et des ban­quiers Ame­ri­can Express, Axa, KBC, Dexia, Deutch Bank, City­bank, Del­ta Lloyd,… Cou­leur de confiance et de sécurité.

Une autre étude a démon­tré qu’un être humain enfer­mé dans une pièce peinte en bleu voyait sa tem­pé­ra­ture cor­po­relle dimi­nuer, alors que dans une pièce rouge, elle augmentait !

C’est simple, la lon­gueur d’onde de la cou­leur bleue est la plus courte du spectre donc la moins exi­tante. On dit d’ailleurs que le bleu est une cou­leur froide. C’est pour­quoi elle est uti­li­sée sur les robi­nets d’eau froide. Et c’est vrai aus­si que les ice­bergs sont rare­ment rouges et le soleil peu sou­vent bleu !

Le grand Picas­so tra­ver­sa une période bleue entre 1901 et 1904 pen­dant laquelle il expri­ma toute de bleu vêtue, la sévère réa­li­té de l’hu­ma­ni­té, en repré­sen­tant les pauvres, les malades et les déshérités.

Sym­bo­li­que­ment le bleu fait réfé­rence à la terre (la pla­nète bleue), à l’im­men­si­té de l’o­céan (le grand bleu), à la sécu­ri­té, à la paix (les casques bleus, les lacets bleus d’Han­di­cap Inter­na­tio­nal), à la séré­ni­té, à la déprime (avoir le blues), à l’or­ga­ni­sa­tion (zone bleue, l’O­NU), à la noblesse (sang bleu) mais aus­si au labeur (blue colar), à la fran­chise et la can­deur (yeux bleus), à la pure­té (robe bleue de la vierge), à l’au­to­ri­sa­tion, à l’ac­cep­ta­tion (uti­li­sa­tion du bleu dans la signa­li­sa­tion rou­tière), au don pas­sif (je suis bleu de toi), à la liber­té et à la droite (par­tis poli­tiques bleus) mais aus­si à la mort (cou­leur d’un corps dont la vie s’est échap­pée) ou à la nais­sance (cou­leur de l’en­fant nais­sant), pre­mière et der­nière cou­leur du spectre de la lumière, le bleu est point de départ ou d’arrivée.
diapositive3w.jpg_ La sym­bo­lique des dra­peaux exprime aus­si clai­re­ment le posi­tion­ne­ment poli­tique d’un pays.

Le bleu y repré­sente la paix ou la noblesse. Le rouge, le sang ou la révo­lu­tion. Regar­dez les dra­peaux des prin­ci­paux pays d’Eu­rope. Le rouge est pré­sent dans cha­cun d’entre eux. L’Eu­rope d’a­vant l’u­ni­té était guer­rière. L’Eu­rope unie et en paix a choi­si un dra­peau bleu !

Le Star & Stripes des USA, déploie ses bandes hori­zon­tales blanches et rouge pour expri­mer un cer­tain conser­va­tisme et un mélange de neu­tra­li­té et d’a­gres­si­vi­té. En revanche, les étoiles repré­sen­tant les états, unis dans la paix, sont sur fond bleu !
En Europe aus­si les marques passent au bleu, comme récem­ment Bel­ga­com et aus­si Vir­gin la rouge (marque révo­lu­tion­naire) qui opte pour une touche bleue pour ses vols Australiens.

Le bleu est aus­si une cou­leur de réfé­rence pour cer­tains pro­duits comme pour le fon­dant des cho­co­lats, le déca­féi­né des cafés, l’é­cré­mé du lait, le still de l’eau. On le voit aus­si dans ces exemples, le bleu est la cou­leur du low profile ! 

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Bleu je veux !

Lors d’un récent store-check aux Etats-Unis, nous avons été frap­pés par la mul­ti­tude de pro­duits bleus offerts aux esto­macs amé­ri­cains. Bien sûr, les pro­duits bleus ne sont pas une nou­veau­té sur notre mar­ché euro­péen. TyNan, l’eau desi­gn anglaise avait osé le bleu franc en pion­nière, les par­fums ont sui­vi comme » Angel «  de Thier­ry Mugler et bien d’autres. Mais dans ces exemples, ce ne sont pas les pro­duits eux-mêmes qui sont bleus mais leurs emballages. 

Jean-Michel Sti­chel­baut nous fai­sait remar­quer qu’une socié­té (com­mer­ciale ou sociale) réagit col­lec­ti­ve­ment comme le ferait un être seul. Sorte de réac­tion frac­tale. Ce qui se passe aux USA, semble démon­trer qu’un incons­cient col­lec­tif s’est mis au bleu. Après la vio­lence des atten­tats ignobles, les pro­duc­teurs d’un côté, les consom­ma­teurs de l’autre, ont un blues com­mun. Blues qui se mani­feste visuel­le­ment dans leur ali­men­ta­tion. Les Amé­ri­cains sont les plus gros man­geurs de la pla­nète et c’est via leur tube diges­tif que se dis­til­lent et se mani­festent leurs angoisses. Gros chan­ge­ment par rap­port aux marques US clas­siques et lea­der qui, dans leur majo­ri­té, affichent fiè­re­ment le rouge triom­phant (Coca-Cola, Kel­logg’s, Camp­bell Foods, Heinz ket­chup, McDo, Marlboro,…)

Côté bois­son, nous avons remar­qué bien sûr les éner­gi­santes comme le Powe­rade de Coca-Cola mais aus­si d’autres breu­vages softs ou alcoo­li­sés. Le plus repré­sen­ta­tif de cette bleuï­tude actuelle est le BLUE PEPSI. Pep­si qui a su prendre la balle bleue au bond en mettent sa cou­leur bran­ding en avant. C’est vrai qu’a­vec le rouge omni­pré­sent de Coca-Cola devant lui, le chal­len­ger du cola et son image bleue a sou­vent ren­con­tré des dif­fi­cul­tés à faire pas­ser un mes­sage conquérant.
Une ten­dance met par­fois des années à s’im­po­ser et c’est notre pas­sion que de vous les faire décou­vrir rapi­de­ment, amis lec­teurs, pour que vous puis­siez en pro­fi­ter… et en user. Sou­ve­nez-vous de l’in­tro­duc­tion par M&M de ses remar­quables pas­tilles bleues. Il faut le dire, man­ger bleu est contre-nature. On mange vert, rouge, jaune, orange mais à part le steak bleu (qui en réa­li­té ne l’est pas), la truite au bleu, le Cura­çao de Bols, point de bleu dans nos clas­siques assiettes. Mère nature s’est mon­trée avare en bleu, sauf pour cer­taines fleurs de début de prin­temps (hor­ten­sias, bleuets, myo­so­tis, pen­sées, del­phi­niums,…) et quelques pierres (topaze, lapis-lazu­li, saphir, tur­quoise,…). Un bleu « natu­rel » est l’in­di­go, extrait de l’in­di­go­tier. Cette poudre colo­rante était appe­lée « colo­rant du diable » ! Donc rien de comes­tible dans tout cela direz-vous. Pour se mettre sous la dent, rien de très bleu à part quelques pois­sons et crus­ta­cés… qui passent au rouge à la cuisson !
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Blue chips…

L’ap­pa­ri­tion du bleu comes­tible est donc pure inven­tion indus­trielle et il faut le sou­li­gner car c’est chose exces­si­ve­ment rare.
Mais reve­nons outre Atlan­tique où depuis peu ces braves gens enduisent leurs bagels et pain mie de beurre… bleu ! Où les kids dégustent de la com­pote… bleue ! Où les sup­por­ters des Reds de Cin­cin­na­ti boivent de la bière… bleue ! Ou pour pro­té­ger leurs enfants du soleil ils les enduisent de Coper­tone bleu ! Ou même les chips passent au bleu, sans vergogne.

Alors que les plaies au corps et au coeur des atten­tats vio­lents sont tou­jours vives, alors que les bruits de bottes et les cris de ven­geance et de peur se font plus viru­lents, le consom­ma­teur nord amé­ri­cain semble mal­gré tout récla­mer la paix, de toutes ses tripes… et de toutes ses dents.

Et si vos pro­duits véhi­cu­laient eux-aus­si la paix, le calme, la noblesse, la sagesse, la confiance, la séré­ni­té,… pour­quoi ne pas les mettre au bleu ? 

www.skyy.com

www.pepsiblue.com

www.organicblue.com

www.virgin.com/blue

www.belgacom.com

www.passion4brands.com pour vous pro­cu­rer What If ?