Les signaux faibles pour comprendre l’avenir…

Que ce soit dans La Tri­bune ou sur Admi­rable desi­gn, une rubrique de Phi­lippe Cahen, pros­pec­ti­viste pour les entre­prises, est tou­jours pas­sion­nante. Ce nou­vel article qui nous com­mente ce qui nous attend demain (le desi­gn étant tel­le­ment lié à l’é­co­no­mie) du bon et du moins bon, bien entendu.…

admirable_design_france-industrie.jpgSignal faible 1 : l’industrie en France, un score contre-intuitif
Des infor­ma­tions ou des résul­tats contre-intui­tifs sont légion. Les signaux faibles se cachent bien. L’Insee a publié une étude sur l’industrie en France. L’idée com­mu­né­ment admise est une forme d’abandon. Or, depuis 1970 la pro­duc­ti­vi­té de l’industrie, +3.2 % par an en moyenne, est supé­rieure au reste de l’économie, +1.7 %. En fait, l’industrie sous-traite ce qui est exté­rieur à son cœur de métier (net­toyage, res­tau­ra­tion, mar­ke­ting, audit, …) et qui est donc comp­ta­bi­li­sé dans les ser­vices (sec­teur ter­tiaire contre sec­teur secon­daire). Ce qui explique que la part de l’industrie est pas­sée de 22.3 % à 11.2 % de la valeur ajou­tée. Donc d’une part la baisse de l’industrie à « com­pé­tences égales » est moins impor­tante qu’on ne le croit, et d’autre part l’industrie elle-même amé­liore sa com­pé­ti­ti­vi­té. D’ailleurs, le taux de marge est au plus haut depuis 2007. Voir le contrat pour STX de 4 mil­liards d’euros.
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Signal faible 2 : le quin­ter­naire s’amplifie chaque jour
Le domaine éco­no­mique quin­ter­naire a pris forme en début 2013 aux Etats-Unis ; la R&D n’a plus été consi­dé­rée comme un coût mais comme un inves­tis­se­ment. Il en est de même d’une œuvre artis­tique (on dit cultu­relle en France) : les droits imma­té­riels (du ciné­ma, de la pein­ture, … d’un spor­tif) sont des inves­tis­se­ments, non des coûts. C’est ce qui explique que WME-IMG (agent d’artistes, acteurs et spor­tifs) se rap­proche de la Frieze (foire d’art de Londres et New York). L’industrie de la culture et du diver­tis­se­ment se struc­ture à grand pas.
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Signal faible 3 : le chat­bot, un ave­nir considérable
Le chat­bot c’est pour sim­pli­fier le moteur de recherche des appli­ca­tions comme Google est le moteur de recherche d’Internet. De plus, ce bot, ce robot, est capable de lire vos mes­sage et de les tra­duire dans vos appli­ca­tions favo­rites comme réser­ver un théâtre, un res­tau­rant, pré­ve­nir les amis et blo­quer le taxi. La bataille est mon­diale avec le chi­nois WeChat en tête.

Signal faible 4 : l’industrie 4.0 pro­gresse très vite
Si vous avez com­pris ce qu’est le chat­bot, alors vous allez com­prendre l’enjeu de l’industrie 4.0 qui était expo­sée à Hanovre. C’est simple : ce sont des machines qui com­mu­niquent entre elles, et de plus, elles apprennent entre elles. Aujourd’hui par des logi­ciels, des sys­tèmes sophis­ti­qués. Demain par des sys­tèmes plus simples. Plus adap­tés à une filière. À la fabri­ca­tion de pro­duits uniques. Des appli­ca­tions. Et là appa­rai­tra le chat­bot de l’industrie, le Google de l’industrie. C’est l’affaire de quelques années.
L’Allemagne est lan­cée sur ce pro­jet depuis 10 ans. La France tente de rat­tra­per le temps per­du depuis 3 ans.
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Signal faible 5 : Fnac, Dar­ty, union bancale
Objec­ti­ve­ment, mal­gré toute la sym­pa­thie que j’ai pour la Fnac et pour Dar­ty, ce mariage n’est pas un bon mariage. Voi­la deux entre­prises qui vivent sur des marges ridi­cules et fra­giles. La Fnac est sur­tout sau­vée par la dis­pa­ri­tion de Vir­gin, Sur­couf, Cha­pitre, Pix­ma­nia, etc. Les diver­si­fi­ca­tions sont anec­do­tiques. D’ailleurs, le quart du maga­sin de la rue de Rennes est deve­nu Uni­q­lo. Les ven­deurs res­tent inac­ces­sibles et pré­ten­tieux. Et l’on ne peut tou­jours pas ache­ter en ligne à la Fnac, dans un maga­sin Fnac, sans pas­ser par un ven­deur : un comble ! Quant à Dar­ty, son SAV est de répu­ta­tion, mais la glo­ba­li­té de ses assor­ti­ments est sou­mise à rude concur­rence. Bref, en addi­tion­nant deux marges fra­giles, on reste à marge fra­gile. A moins que, l’introduction récente de Viven­di dans le capi­tal de la Fnac fasse des deux enseignes des relais d’un groupe de com­mu­ni­ca­tion média/contenu/publicité. Il res­te­ra à dimi­nuer les sur­faces de vente de chaque relai.

Pour en savoir beau­coup plus voi­ci Le site de Phi­lippe Cahen